Bingerville, 16 sept 2026 (AIP)- Le porte-parole du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Me Serge Olivier Ouraga a présenté, mardi 15 septembre 2026, les propositions de son parti pour renforcer la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la formation politique, à Cocody-Angré.
Intitulé « Combattre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : position et propositions », le document présenté par le parti se veut une contribution au débat national et une série de propositions destinées aux pouvoirs publics face aux conséquences environnementales, économiques et sécuritaires attribuées à cette activité.
Pour le COJEP, la réponse à l’orpaillage illégal devrait évoluer d’une approche principalement axée sur les opérations menées sur les sites clandestins vers une stratégie permanente reposant notamment sur le renseignement, la prévention, le suivi des flux financiers et le démantèlement des réseaux qui soutiennent cette activité.
Le parti articule ses propositions autour de plusieurs axes, notamment la sécurisation du territoire, des populations et des zones stratégiques, ainsi que l’identification et la neutralisation des mécanismes de financement et des circuits économiques liés à l’activité clandestine.
« Le COJEP appelle à passer d’une logique essentiellement réactive à une stratégie permanente, structurée et systémique », a déclaré Me Serge Olivier Ouraga, estimant que l’orpaillage illégal ne se limite plus à l’exploitation clandestine de sites, mais s’appuie sur des circuits de financement, d’approvisionnement, de transport, de collecte et de commercialisation de l’or.
Le COJEP préconise également de renforcer la traçabilité de l’or, depuis son extraction jusqu’à sa commercialisation, et de mieux contrôler les flux financiers générés par cette activité afin de remonter aux différents acteurs de la chaîne. Il estime que les interpellations effectuées sur les sites devraient constituer le point de départ d’enquêtes destinées à identifier les commanditaires et les bénéficiaires de l’exploitation illégale.
Sur le plan environnemental, la formation politique appelle à la réhabilitation des terres dégradées, des cours d’eau et des forêts affectés par l’orpaillage illégal, ainsi qu’à la protection de la biodiversité. Elle propose également le recours accru à l’imagerie satellitaire, à la cartographie numérique et aux systèmes d’alerte pour améliorer la surveillance des zones exposées.
Le COJEP insiste, par ailleurs, sur la nécessité d’offrir aux populations concernées des alternatives économiques durables, afin de réduire leur dépendance à l’orpaillage clandestin et de favoriser la restauration des activités agricoles et autres moyens de subsistance.
Le phénomène de l’orpaillage illégal touche 29 régions sur 31 en Côte d’Ivoire.
Dans le cadre de la lutte, du 1er janvier au 31 juillet 2026, la Gendarmerie nationale a procédé au déguerpissement de 1 114 sites d’orpaillage illégal, à la faveur de 953 opérations, avec 1 531 personnes interpellées.
Ces interventions ont permis la saisie de 4 410,42 grammes d’or, 255 barres de dynamite, 2 541 motopompes, 59 pelleteuses et 244 groupes électrogènes, entre autres matériels utilisés dans l’exploitation clandestine.
Depuis 2021, plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été démantelés en Côte d’Ivoire et 4 474 personnes déférées devant la justice, selon un bilan présenté le 23 juillet par le Conseil national de sécurité (CNS). Parmi elles, 65 % sont des ressortissants étrangers.
Sur la seule période de janvier à juillet 2026, les opérations ont également conduit à la destruction de 16 200 abris de fortune, 6 142 motopompes et 5 845 concasseurs.
(AIP)
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