Yamoussoukro, 13 oct 2026 (AIP)- Le Sénat ivoirien a organisé, lundi 12 octobre 2026 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro, un atelier régional de formation certifiante en ingénierie législative visant à renforcer l’initiative parlementaire en Afrique francophone.
Cette formation, organisée conjointement par le Sénat et l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et l’Université Senghor d’Alexandrie, réunit une cinquantaine de participants issus de dix pays, dont des parlementaires, des fonctionnaires parlementaires et d’autres profils intéressés par les questions législatives.
À l’ouverture des travaux, la présidente du Sénat ivoirien, Kandia Kamissoko Camara, a souligné la nécessité de renforcer les capacités techniques des administrations parlementaires africaines francophones afin de mieux tenir compte de leurs réalités institutionnelles et de leurs besoins spécifiques.
Elle a relevé que les formations dispensées à l’étranger reposent principalement sur les expériences et les pratiques des institutions européennes, qui ne correspondent pas toujours aux réalités des Parlements africains francophones.
Placée sous le thème « De l’idée à la loi : renforcer l’initiative parlementaire en Afrique francophone », cette première édition entend améliorer la maîtrise de la rédaction législative, accroître les capacités techniques des parlementaires et promouvoir une culture de la proposition au sein des institutions parlementaires.
Kandia Camara a déploré le fait que dans la plupart des pays africains, les textes soumis aux délibérations des Parlements soient presque exclusivement d’origine gouvernementale, alors que les parlementaires disposent également de la prérogative d’initiative législative.
Elle a ainsi insisté sur l’importance de permettre aux élus de transformer les préoccupations recueillies auprès des populations en propositions de loi répondant concrètement aux besoins de la société.
Durant trois jours, les participants bénéficieront d’enseignements théoriques, d’études de cas, d’exercices de rédaction et de simulations destinés à les familiariser avec les différentes étapes de l’élaboration d’une proposition de loi, depuis l’identification d’un problème jusqu’à la formulation de dispositions précises et applicables.
La présidente du Sénat a également salué l’appui technique de l’Université Senghor d’Alexandrie et l’engagement de l’APF dans la réalisation de cette initiative régionale.
Elle a invité les participants à partager leurs expériences et à mettre en commun leurs compétences afin de favoriser l’émergence de pratiques législatives adaptées aux réalités des sociétés africaines francophones.
Pour Kandia Camara, la réussite de cette formation devra se traduire par des initiatives concrètes et des lois utiles aux citoyens, notamment en matière de protection des droits, de réduction des inégalités et de développement des territoires.
(AIP)
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