Abidjan, 19 oct 2026 (AIP) – Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a légèrement diminué, mais les situations de famine se multiplient sous l’effet des conflits, des dérèglements climatiques et des perturbations du commerce international, a alerté vendredi 16 octobre 2026 l’Organisation des Nations Unies (ONU), à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.
Environ 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025, selon les chiffres rappelés par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui déplore le paradoxe d’un monde disposant des moyens de nourrir sa population, mais où des millions de personnes restent privées de nourriture.
La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Sofía Monsalve Suárez, a dénoncé le recours croissant à la famine comme arme de guerre, ainsi que l’impunité face aux violations du droit à l’alimentation.
Au Soudan, près de 19,5 millions de personnes, soit plus de 40% de la population, étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë élevée en mai 2026. À Gaza, malgré une amélioration fragile après le cessez-le-feu, les restrictions sur les approvisionnements menacent les progrès réalisés.
Les perturbations du détroit d’Ormuz, de Bab el-Mandeb et de la mer Noire contribuent également à la hausse des coûts du carburant, des engrais et du transport maritime. En septembre, 16 pays enregistraient une inflation alimentaire supérieure à 15 %, contre 10 en janvier.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévient par ailleurs que le phénomène climatique El Niño pourrait exposer 49 millions de personnes supplémentaires à l’insécurité alimentaire aiguë d’ici fin 2027, dans 45 pays.
Face à cette crise, l’ONU préconise l’innovation, notamment l’intelligence artificielle et les outils numériques, tout en appelant les États à renforcer leur responsabilité, les financements et les efforts de prévention des conflits.
(AIP)
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