Abidjan, 19 oct 2026 (AIP) – Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé au moins 12 cas d’agressions physiques et d’intimidations verbales visant des journalistes couvrant les mobilisations étudiantes et lycéennes en France depuis le 21 septembre 2026, appelant les autorités à identifier les auteurs de ces actes et à les traduire en justice.
Dans un communiqué publié samedi 17 octobre, l’organisation de défense de la liberté de la presse précise que six journalistes ont été agressés par des manifestants ou des tiers et six autres par des membres des forces de l’ordre, dans plusieurs villes françaises, notamment Saint-Denis, Lille, Dijon, Marseille, Lyon, Montpellier et Paris.
Les faits recensés comprennent des coups, des menaces, des insultes et des destructions de matériel professionnel, alors que les journalistes étaient clairement identifiables dans l’exercice de leurs fonctions.
À Marseille, un correspondant de la chaîne M6 a notamment été frappé à plusieurs reprises lors de la couverture d’un blocage devant un lycée, le 1er octobre. Blessé au front, il a également vu sa caméra détruite. À Dijon, un journaliste du média en ligne Dijon Actualités a été menacé avec un couteau le 29 septembre, puis frappé dans le dos le 8 octobre. Deux plaintes ont été déposées dans cette affaire.
Des journalistes ont également été victimes de violences imputées aux forces de l’ordre. À Montpellier, le journaliste Valentin Levetti, directeur de publication de Stup.media, a été blessé à la jambe lors de la couverture d’une interpellation, le 2 octobre. Il a porté plainte contre X le 8 octobre auprès du procureur de la République de Montpellier.
À Paris, le photographe Patrick Wack, qui travaillait pour le quotidien américain Wall Street Journal, a été atteint à l’oreille par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), le 8 octobre, alors qu’il couvrait un rassemblement place de la Bastille. Il a dû recevoir des points de suture.
La responsable du bureau France de RSF, Laure Chauvel, a condamné ces violences, estimant qu’elles portent gravement atteinte à la liberté de la presse et au droit du public à l’information. Elle a appelé les autorités à garantir la sécurité des journalistes et à veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes.
L’organisation rappelle que le Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), adopté par le ministère français de l’Intérieur, garantit notamment aux journalistes le droit de couvrir les opérations des forces de l’ordre et d’être protégés par celles-ci.
RSF souligne que ces incidents s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des violences contre les professionnels des médias lors des mouvements sociaux en France, citant notamment les mobilisations de 2025 et les émeutes de 2023, au cours desquelles 18 professionnels des médias avaient été agressés par des émeutiers.
(AIP)
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