Bouaké, 20 oct 2026 (AIP)- Les agriculteurs et les éleveurs de la sous-préfecture de Bouaké ont été appelés, lundi 19 octobre 2026, à privilégier le dialogue et le règlement pacifique des différends, lors d’une réunion de concertation et de sensibilisation initiée par le sous-préfet central de Bouaké, Detto Marcelin Kouassi, à la suite d’incidents survenus dans la zone de Bamoro.
Cette rencontre, organisée avec l’autorisation du préfet de la région de Gbêkê et du département de Bouaké, Tuo Fozié, visait à prévenir les représailles et à renforcer la cohésion sociale.
Detto Marcelin Kouassi a expliqué que l’initiative répond à la recrudescence des tensions observées depuis septembre et aux risques de conflits communautaires.
Deux communications ont marqué la rencontre. La première, présentée par Bamba Mamadou, chef de service à la direction régionale des Ressources animales et halieutiques, a porté sur les causes, les conséquences et les mécanismes de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Le communicateur a cité la pression foncière, les dégâts de cultures, la concurrence pour l’accès à l’eau et à la terre ainsi que l’occupation des abords des points d’eau par les exploitations agricoles. Il a relevé les conséquences économiques, sociales et sécuritaires de ces conflits, notamment la baisse de la production, la dégradation des relations communautaires et les violences physiques.
Il a rappelé le rôle des chefs de village et des autorités administratives dans le règlement des différends, en s’appuyant sur les dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
La seconde communication, présentée par le sous-préfet, a porté sur les responsabilités des acteurs et les mesures de prévention. Il a insisté sur le rôle des chefs traditionnels, des leaders communautaires et des organisations professionnelles dans l’alerte précoce, la médiation et le maintien de la cohésion sociale.

Représentant le préfet, le secrétaire général de la préfecture de Bouaké, Vanié Jean François, a recommandé de renforcer le dialogue entre les chefs de village, les agriculteurs et les éleveurs. Il a invité les responsables communautaires à saisir le sous-préfet, dans un cadre discret, pour le règlement des différends sensibles.
Il a appelé les chefs et les éleveurs à assumer leurs responsabilités en cas de litige ou de dégâts de cultures et plaidé pour la professionnalisation de l’élevage.
La rencontre fait suite à plusieurs incidents survenus le 22 septembre 2026 dans la zone. Près du village de N’Gatta-Sakassou, au point kilométrique 20 de l’autoroute Bouaké-Katiola, Sidibé Sita, un bouvier de nationalité malienne, a été mortellement atteint par des projectiles de calibre 12 alors qu’il conduisait un troupeau de Diabo vers Bouaké.
Le même jour, Konan Kouamé, exploitant agricole à Alloko-Yaokro, a déclaré avoir été agressé à l’arme blanche par des individus qu’il présente comme des bergers, à la suite d’une altercation liée à la présence d’un troupeau près de son champ. Des jeunes du village ont ensuite appréhendé Dimba Diallo, un berger qu’ils tenaient pour responsable de l’agression, lui ont infligé des violences physiques avant de le conduire à la gendarmerie.
Une vache a également été retrouvée morte dans une plantation, avec des indices laissant présumer une mise à mort par arme à feu.
Ces incidents ont motivé la réunion des éleveurs, des chefs et leaders communautaires ainsi que des services techniques et de sécurité, afin de prévenir de nouvelles tensions et de préserver la coexistence pacifique entre les communautés agricoles et pastorales.
(AIP)
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