Abidjan, 21 oct 2026 (AIP) – L’encerclement de Taëz par les rebelles houthis aggrave la crise humanitaire dans cette ville du sud-ouest du Yémen où les pénuries alimentaires, le manque d’eau potable et la propagation du choléra menacent des milliers de civils, a alerté mardi 20 octobre 2026, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
« La fermeture, par les Houthis, de la seule voie d’approvisionnement reliant Taëz à Aden expose les civils à de graves dangers, bloque l’aide humanitaire et prive la population de biens de première nécessité », a déclaré M. Türk, appelant à la réouverture immédiate des accès et à la protection des civils.
Entre le 1er août et le 19 octobre, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a confirmé la mort de 32 civils dans le gouvernorat de Taëz, dont 14 enfants et neuf femmes. Quelque 115 autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles 36 enfants et 34 femmes.
La crise touche également les services essentiels. Selon les informations communiquées par les agences onusiennes, les pénuries de carburant menacent l’approvisionnement en eau de près de trois millions de personnes, dont au moins 1,6 million d’enfants. Le prix de l’eau livrée par camion a triplé depuis la dernière intensification des combats.
Par ailleurs, le nombre de cas suspects de choléra a triplé en trois semaines à l’échelle nationale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les structures sanitaires de Taëz font également face à des stocks insuffisants de carburant, d’oxygène et de médicaments essentiels.
Sur le plan alimentaire, dix des seize districts du gouvernorat sont classés en situation d’urgence, tandis que plus de 52.000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, selon les données rapportées par l’UNICEF.
L’intensification des combats depuis septembre a provoqué de nouveaux déplacements, avec plus de 250.000 personnes ayant fui les violences à travers le pays.
Face à cette situation, Volker Türk a demandé la libération immédiate et sans condition des employés de l’ONU et d’organisations non gouvernementales détenus arbitrairement par les Houthis. Il a également appelé toutes les parties au conflit à éviter l’utilisation d’armes explosives dans les zones densément peuplées.
Pour les Nations Unies, la réouverture des voies d’approvisionnement et la garantie d’un accès humanitaire sûr sont indispensables pour empêcher une aggravation de la crise alimentaire et sanitaire.
(AIP)
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