Abidjan, 10 juil 2025 (AIP) – La Banque mondiale a salué, jeudi 10 juillet 2025 à Abidjan, l’adoption par la Côte d’Ivoire d’un cadre de financement lié au développement durable (Sustainability Linked Finance Framework – SLF), qui positionne le pays parmi les pionniers de la finance climatique sur le continent, a déclaré Saïdou Diop, spécialiste principal de la gouvernance au sein de l’institution.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier sur « le développement de la finance verte » co-organisé avec le ministère des Finances et du Budget, M. Diop a estimé que « la Côte d’Ivoire réaffirme aujourd’hui son rôle de pionnier en innovation financière sur le continent ».
Le SLF, élaboré avec l’appui de la Banque mondiale, repose sur trois objectifs structurants : porter la part des énergies renouvelables entre 11 et 13 % du mix énergétique national, restaurer un million d’hectares de forêts, et limiter la déforestation à 300 000 hectares entre 2025 et 2030.
« Contrairement aux obligations vertes ou sociales classiques, ces instruments sont adossés à des engagements de performance mesurables, alignés sur les objectifs de durabilité du pays », a expliqué M. Diop.
Les besoins de financement climatique en Côte d’Ivoire sont estimés à plus de 22 milliards de dollars d’ici 2030, selon la Banque mondiale. Un montant qui dépasse les capacités du financement public et requiert une mobilisation accrue des acteurs privés.
« Il est impératif de mobiliser les capitaux privés à travers des mécanismes adaptés, transparents et incitatifs », a souligné le représentant de la Banque mondiale.
Le cadre SLF vise à rassurer les investisseurs en introduisant davantage de transparence et de prévisibilité dans les opérations de financement, a-t-il précisé. Il complète d’autres dispositifs déjà en place, notamment le Country Climate and Development Report (CCDR) et l’accès à la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) du FMI.
« Le développement de marchés financiers locaux solides est essentiel pour canaliser l’épargne domestique vers des projets verts et durables », a insisté M. Diop, appelant à la structuration d’outils tels que les obligations vertes ou les obligations liées à la durabilité.
La finance verte, également connue sous le nom d’investissement durable ou investissement socialement responsable (ISR), vise à générer des rendements financiers tout en ayant un impact positif sur l’environnement et la société.
Les investissements durables prennent en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour évaluer les performances des entreprises dans lesquelles ils sont effectués.
Investir dans la finance verte offre de nombreux avantages, notamment la promotion du développement durable, la réduction des risques liés aux problèmes environnementaux et sociaux, ainsi que la possibilité de participer à la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement.
De plus en plus d’investisseurs reconnaissent les bénéfices potentiels d’intégrer les considérations ESG dans leurs décisions financières. Avec l’augmentation de la demande mondiale en énergies renouvelables, les opportunités d’investissement dans ce secteur se multiplient.
« Nous sommes fiers d’accompagner la Côte d’Ivoire dans cette transition, notamment dans les secteurs critiques comme l’énergie, l’agriculture, l’eau ou la protection du littoral », a conclu Diop Saïdou.
(AIP)
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