Abidjan, 06 nov 2026 (AIP) – La consolidation de la position de la Côte d’Ivoire parmi les principaux producteurs mondiaux de caoutchouc naturel, à travers l’amélioration de la productivité, la transformation locale et la durabilité, a constitué le fil conducteur des interventions du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, et du président du Conseil d’administration de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), Charles-Emmanuel Yacé, vendredi 6 novembre 2026 à Abidjan.
Les deux personnalités s’exprimaient à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’APROMAC, couplée à la 2e édition des Journées du caoutchouc naturel (JCN) de Côte d’Ivoire, organisées du 5 au 6 novembre au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
Elles ont mis en avant les performances remarquables de l’hévéaculture ivoirienne, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes et les investissements pour préserver les acquis et renforcer la compétitivité de la filière.
Le président du conseil d’administration de l’APROMAC a indiqué que la production nationale est passée de 164 138 tonnes en 2005 à deux millions de tonnes en 2025, soit une progression multipliée par 12 en vingt ans. Cette performance repose sur l’engagement de 180 000 producteurs villageois et des acteurs de la transformation industrielle.
La Côte d’Ivoire, premier producteur africain depuis 1990, occupe désormais la deuxième place mondiale derrière la Thaïlande, confortant ainsi son statut de partenaire majeur sur le marché international du caoutchouc naturel.
Pour Charles-Emmanuel Yacé, cette progression est le résultat de l’action de l’État et de la synergie entre les producteurs, les transformateurs, les structures de recherche et les partenaires techniques et financiers.
Il a rappelé que l’APROMAC, créée en 1975 et reconnue comme organisation interprofessionnelle agricole (OIA) en 2020, a contribué à structurer les relations entre les deux principaux maillons de la filière, à travers la concertation et la recherche de consensus.
L’organisation entend désormais orienter ses actions vers le renouvellement et l’extension du verger, le géoréférencement des plantations, la labellisation du caoutchouc ivoirien et le développement de la deuxième transformation. La création d’une Académie des métiers de l’hévéa figure également parmi ses projets structurants.
De son côté, le ministre Bruno Nabagné Koné a insisté sur la nécessité de franchir une nouvelle étape dans le développement de la filière, en privilégiant la création de valeur ajoutée sur le territoire national.
Il a relevé que malgré la place importante de la Côte d’Ivoire dans la production mondiale, l’essentiel de la valeur industrielle demeure capté à l’étranger, notamment dans la fabrication des pneumatiques, des gants, des joints et des pièces techniques.
Le gouvernement entend ainsi encourager les investissements dans les deuxième et troisième transformations, tout en veillant à une meilleure répartition des revenus entre les différents acteurs, particulièrement les petits producteurs.
À cet égard, le ministre a salué l’accord interprofessionnel du 16 février 2026 portant sur le nouveau mécanisme de fixation du prix du caoutchouc humide, qui vise à revaloriser la part revenant aux planteurs.
Les deux responsables ont également attiré l’attention sur les exigences croissantes des marchés internationaux en matière de qualité et de durabilité. L’entrée en application du règlement européen sur les produits issus de la déforestation, prévue le 30 décembre 2026 pour les grands et moyens opérateurs, constitue notamment un enjeu majeur pour la traçabilité de la production ivoirienne.
Le ministre a, par ailleurs, dénoncé certaines pratiques telles que la saignée des arbres immatures et la dégradation de la qualité des fonds de tasse, qui fragilisent la productivité et la réputation de la filière.
Au plan économique, Bruno Nabagné Koné a indiqué que les exportations ivoiriennes de caoutchouc naturel ont atteint près de deux millions de tonnes en 2025, pour une valeur d’environ 1 900 milliards FCFA, dont plus de 700 milliards FCFA au bénéfice des petits producteurs. Plus d’un million et demi de personnes vivent de cette activité.
Il a également évoqué un contexte international favorable, marqué par un déficit prévisionnel du marché mondial d’environ 400 000 tonnes en 2026, pour la sixième année consécutive, tout en appelant les acteurs à anticiper la volatilité des cours.
(AIP)
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