Abidjan, 10 juin 2026 (AIP)- Les conseillers du Conseil économique, social, environnement et culturel, ont reçu mercredi 10 juin 2026, au siège de leur institution, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, qui leur a dévoilé les ambitions, les réformes, les investissements structurants et les objectifs chiffrés du Plan national de développement (PND 2026-2030), appelés à conduire la Côte d’Ivoire vers le statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030.
M. Diarrassouba a situé les enjeux du nouveau cycle de planification dans le prolongement direct de la vision présidentielle de « bâtir une Grande Nation stable, ambitieuse et solidaire ». Fruit d’un processus conduit de janvier à octobre 2025, le document a mobilisé l’administration publique, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions de la République. Les consultations ont couvert les 31 régions du pays avant l’adoption du texte par le Conseil des ministres, l’Assemblée nationale et le Sénat.
Avant de projeter le pays vers 2030, il a dressé le bilan du PND 2021-2025. Les résultats présentés témoignent d’une économie demeurée robuste malgré un environnement international marqué par plusieurs crises. Le Produit intérieur brut (PIB) par habitant est passé de 2 335 dollars américains en 2021 à 3 148,2 dollars en 2025, contre 1 062 dollars en 2011. Le taux moyen de croissance s’est établi à 6,5 % sur la période tandis que le taux d’exécution du PND 2021-2025 a atteint 94,01 %, représentant 55 466 milliards FCFA réalisés sur les 59 000 milliards programmés.
Les investissements directs étrangers ont doublé, passant de 1,5 % du PIB en 2021 à 3,9 % en 2025. Le taux de pression fiscale a progressé de 12,6 % à 15 %, le déficit budgétaire a été ramené de 4,9 % à 3 % du PIB et le ratio d’endettement est passé de 59,5 % du PIB en 2024 à 57 % en 2025. Dans le même temps, les investissements publics ont progressé de 21,1 % à 24 % du PIB.
Le secteur productif a enregistré des avancées remarquables. Premier producteur mondial de cacao et d’anacarde, la Côte d’Ivoire a porté le taux de transformation du cacao de 26 % en 2021 à 42 % en 2024 et celui de l’anacarde de 14,1 % à 36,4 %. La part du secteur secondaire dans le PIB est passée de 22,1 % à 24 %. La capacité nationale de production d’électricité a progressé de 2 269 MW à 3 224 MW tandis que le taux d’accès à l’électricité est passé de 92 % à 99,2 %. La production d’or est passée de 41,8 tonnes à 59,1 tonnes entre 2021 et 2024. Les découvertes pétrolières de Baleine, estimées à 2,5 milliards de barils, et de Calao, évaluées à 1,4 milliard de barils, figurent parmi les acquis majeurs de la période.
Les performances sociales ont accompagné cette dynamique économique. Plus de 6 777 salles de classe et 227 lycées et collèges ont été construits. Le taux brut de scolarisation au primaire est passé de 101,9 % à 109,5 % tandis que le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire a progressé de 60,7 % à 81,1 %. Dans le secteur de la santé, plus de 1 051 établissements sanitaires de premier contact ont été construits ou réhabilités. La proportion de la population vivant à moins de cinq kilomètres d’un centre de santé est passée de 70,1 % à 82 %. Plus de 23 millions de personnes étaient enrôlées à la Couverture maladie universelle à fin 2025.
L’accès à l’eau potable atteint désormais 86,7 % et la production quotidienne d’eau à Abidjan dépasse le million de mètres cubes. Le nombre de ménages bénéficiaires des filets sociaux est passé de 227 000 à 527 000. Les dépenses pro-pauvres ont progressé de 3 066 milliards FCFA à 3 845 milliards FCFA. Le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire a mobilisé plus de 80 milliards FCFA au profit de plus de 420 000 femmes. Grâce au Programme Jeunesse du Gouvernement, 3,2 millions de jeunes ont été impactés et 626 886 emplois formels ont été créés sur la période.
La révolution numérique a également gagné du terrain. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile est passé de 162 % à 187,6 %, le taux d’utilisation d’Internet de 30 % à 50 %, le mobile money de 76,8 % à 82,7 % et l’indice de développement des TIC de 59 % à 70 %. Dans le même temps, l’espérance de vie est passée de 60,3 à 62,3 ans et l’indice de développement humain de 0,557 à 0,582.
Fort de ces acquis, le Gouvernement vise désormais un PIB par habitant de 4 500 dollars à l’horizon 2030, une croissance moyenne de 7,2 %, plus de trois millions d’emplois supplémentaires, un taux de pauvreté inférieur à 20 %, un indice du capital humain porté à 0,7 et une espérance de vie de 65 ans.
Cette ambition repose sur six piliers : la paix, la sécurité et la stabilité ; l’agriculture et l’agro-industrie ; le secteur privé et l’industrialisation ; le capital humain et l’emploi ; les infrastructures stratégiques et le développement territorial ; ainsi que la gouvernance et la modernisation de l’Etat.
Pour atteindre ces objectifs, le PND 2026-2030 mobilisera 114 838,5 milliards FCFA d’investissements. Le secteur privé apportera 80 614,7 milliards FCFA, soit 70,2 % du financement global, contre 34 223,9 milliards FCFA pour le secteur public. Le pilier consacré au secteur privé et à l’industrialisation concentre à lui seul 47,13 % des investissements prévus, devant les infrastructures avec 31,13 %.
La présentation a également permis de dévoiler les principaux investissements appelés à remodeler durablement le territoire national. Dans le domaine agricole, le Gouvernement prévoit la création de neuf pôles agro-industriels régionaux couvrant le Bélier, le Nord, le Nord-Est, le Centre-Ouest, le Nord-Ouest, le Centre, le Sud, l’Ouest et le Sud-Est, ainsi qu’un programme d’appui à seize filières agricoles prioritaires et un fonds dédié au financement des chaînes de valeur agricoles.
Dans le secteur des transports, le PND prévoit la réalisation du train à grande vitesse Abidjan-Yamoussoukro-Bouaké-Korhogo-Ferkessédougou sur 640 kilomètres, la ligne ferroviaire San Pedro-Man-Odienné-frontière du Mali, l’achèvement du métro d’Abidjan sur 37 km, le Bus Rapid Transit Yopougon-Bingerville, huit gares lagunaires, l’extension de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny ainsi que la construction des aéroports internationaux de San Pedro et de Bondoukou.
L’éducation et la formation figurent parmi les secteurs les plus fortement dotés. Le programme prévoit la construction de 9 485 salles de classe au préscolaire et au primaire, de 294 lycées et collèges dont 58 collèges de proximité, de 14 lycées d’excellence pour jeunes filles avec internat, de 131 infrastructures d’enseignement technique et de formation professionnelle ainsi que de cinq nouvelles universités à Odienné, Dabou, Daoukro, Abengourou et Adiaké. A cela s’ajoute la formation de 50 000 ingénieurs, techniciens et chercheurs d’ici à 2030.
Les infrastructures routières connaîtront également une accélération avec 1 014 kilomètres d’autoroutes, 6 774 kilomètres de routes interurbaines bitumées, 3 698 kilomètres de routes renforcées et 141 ouvrages d’art dont 35 dans le district d’Abidjan.
Dans le domaine énergétique, la capacité installée passera de 3 224 MW à 5 751 MW grâce notamment aux centrales thermiques de Taboth (774 MW), Songon (372 MW) et Atinkou (390 MW), aux aménagements hydroélectriques de Singrobo-Ahouaty et de Boutoubré (140 MW) ainsi qu’à la centrale biomasse de Divo d’une capacité de 76 MW. Les champs pétroliers Baleine et Calao devraient permettre d’atteindre une production de 200 000 barils par jour à l’horizon 2030 tandis que la production nationale d’or progresserait à 69 tonnes.
Le secteur de la santé bénéficiera de la construction de cinq centres hospitaliers universitaires à Bouaké, Korhogo, Bondoukou, Yopougon et Abobo, de vingt-et-un hôpitaux généraux, de 1 200 établissements sanitaires de premier contact, de la réhabilitation de 1 000 autres structures sanitaires et du déploiement des Pôles régionaux d’excellence sanitaire.
La transformation numérique reposera sur l’extension de 5 200 kilomètres de fibre optique, une couverture nationale intégrale en 4G, trois centres nationaux de données, deux satellites de basse orbite et 509 centres numériques communautaires. A cela s’ajoutent 150 000 logements sociaux, 1 500 logements universitaires ainsi que l’installation de 14 126 pompes à motricité humaine et solaire destinées à renforcer l’accès à l’eau potable dans les localités les plus éloignées. Le Gouvernement ambitionne également une couverture universelle de la CMU pour près de 36 millions de personnes.
Les échanges qui ont suivi ont permis au ministre d’approfondir plusieurs volets du plan. Il a détaillé les réformes engagées dans le domaine statistique avec la création d’un Conseil national de la statistique, d’un Fonds national de développement statistique et la transformation progressive de l’Institut national de la statistique. Les conseillers ont également été éclairés sur les industries culturelles et créatives, la décentralisation, l’évaluation des politiques publiques, l’aménagement du territoire, la transformation locale des matières premières, la promotion des PME et l’approfondissement du système financier national.
Le président du CESEC a également salué le travail conduit par le ministre Souleymane Diarrassouba à la tête du ministère du Plan et du Développement avant de recevoir officiellement, au nom de l’Institution, un exemplaire du Plan national de développement 2026-2030.
Pour le Dr Eugène Aka Aouélé, il s’agissait de présenter à la représentation consultative nationale « la boussole qui orientera le développement de notre pays pour les cinq prochaines années », conformément à la vision du Président de la République, Alassane Ouattara. Le président du CESEC a relevé le caractère exceptionnel de cette rencontre, rappelant que son Institution est la première à bénéficier de cette présentation officielle après l’Assemblée nationale et le Sénat. Un choix qui, selon lui, consacre la place du CESEC dans le dispositif institutionnel de la République et dans l’élaboration des politiques publiques.
« Le PND 2026-2030 constitue la feuille de route stratégique qui guidera nos actions pour consolider les acquis et accélérer la transformation structurelle de notre économie pour une Grande Côte d’Ivoire », a déclaré le président du CESEC, avant de saluer la démarche inclusive qui a conduit à l’élaboration du document. Il a également rendu un vibrant hommage au Président Alassane Ouattara dont la vision, a-t-il indiqué, continue de transformer durablement le pays à travers des réformes ambitieuses et des investissements structurants.
Le CESEC devient la première Institution de la République à accueillir la présentation officielle du Plan national de développement (PND) 2026-2030 après son adoption par le Parlement.
(AIP)
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