Abidjan, 8 juin 2026 (AIP)- Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a souligné l’intérêt stratégique pour les universités ivoiriennes de disposer désormais d’une expertise locale dans l’accès, l’analyse et l’exploitation des données issues du Système de surveillance internationale (SSI), à l’ouverture officielle du premier atelier de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) en Côte d’Ivoire.
Organisée à Abidjan, cette rencontre régionale consacrée à l’accès et à l’analyse des données des formes d’ondes et des produits du Centre international des données réunit durant cinq jours des experts, chercheurs, ingénieurs, techniciens et acteurs institutionnels venus de plusieurs pays africains engagés dans la promotion de la paix, de la sécurité internationale et de la non-prolifération nucléaire.
Selon le ministre, la tenue de cet atelier constitue une opportunité majeure pour renforcer les capacités des Centres nationaux de données (CND), maillons essentiels du dispositif mondial de vérification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
« Une chose est d’avoir des centres nationaux de données et des stations de mesure. Mais si vous ne disposez pas des compétences capables d’exploiter ces données, cela ne sert pas à grand-chose pour nos nations », a affirmé M. Diawara, insistant sur la nécessité de former des spécialistes capables de valoriser ces ressources scientifiques.
La Côte d’Ivoire, qui a signé le traité dès septembre 1996 avant de le ratifier en 2003, participe activement au système international de surveillance mis en place par l’OTICE. Le pays dispose notamment de deux stations primaires, sismique et infrasonore, installées à Sébrokro (Dimbokro), ainsi que de trois stations sismiques auxiliaires situées à Lamto, Kossanboka et Toumodi, faisant de lui l’un des pays africains les mieux dotés dans ce domaine.
Pour le ministre, l’enjeu de cette formation dépasse largement le cadre du contrôle des essais nucléaires. Les données collectées par le réseau mondial de surveillance présentent de nombreuses applications civiles et scientifiques, notamment dans les domaines de la climatologie, de la surveillance sismique, de la gestion des risques naturels, de la prévention des catastrophes et de l’élaboration des normes de construction parasismiques.
« Les données infrasonores permettent par exemple d’étudier les phénomènes atmosphériques, les passages d’orages ou encore les déplacements du front intertropical. Quant aux données sismiques, elles servent au suivi des tremblements de terre, des éboulements ou encore à la définition des normes de construction des infrastructures telles que les ponts et les barrages », a-t-il expliqué.

Adama Diawara a également mis en avant les perspectives qu’offre cette expertise pour la recherche scientifique et la formation universitaire. Sur les 41 participants à l’atelier, 12 sont ivoiriens, parmi lesquels des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des étudiants de master et de doctorat.
Le ministre a indiqué que les connaissances acquises à travers ce programme devraient être progressivement intégrées dans les cursus universitaires. « Il est prévu, dans le cadre de la révision des curricula de nos universités, d’introduire davantage la sismologie dans certaines unités d’enseignement et parcours de formation », a-t-il annoncé.
Intervenant à cette occasion, le représentant permanent de la Côte d’Ivoire à Vienne chargé de la coopération multilatérale avec les organisations des Nations unies, David Konaté, a rappelé que les centres nationaux de données constituent un maillon indispensable entre le système de surveillance internationale et le Centre international des données basé à Vienne.
Il a souligné que les informations recueillies grâce au réseau mondial de l’OTICE contribuent non seulement à la détection des essais nucléaires, mais également à la surveillance des séismes, des volcans, des tsunamis, des océans et du climat.
« Ces applications civiles et scientifiques représentent pour nos universités et notre jeunesse scientifique un véritable gisement de savoir que la Côte d’Ivoire entend valoriser », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le représentant de l’OTICE, Yassine Chaari, a indiqué que l’objectif de cette session est d’accompagner les États africains dans la mise en place et le développement durable de centres nationaux de données performants.
Selon lui, l’organisation met à la disposition des États des formations techniques spécialisées, des logiciels dédiés ainsi qu’un accès sécurisé aux données du système de surveillance internationale afin de renforcer leurs capacités humaines, techniques et institutionnelles.
« Nous sommes à vos côtés pour bâtir des centres nationaux de données solides, compétents et durables, capables de contribuer efficacement au régime mondial de vérification du traité », a-t-il assuré.
À travers cet atelier, la Côte d’Ivoire réaffirme ainsi sa volonté de faire de la science, de la recherche et du renforcement du capital humain des leviers stratégiques au service de la paix, du développement durable et de la sécurité internationale.
(AIP)
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