Abidjan, 08 juin 2026 (AIP) – Le Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO) Côte d’Ivoire a appelé à la suspension des opérations de déguerpissement des populations durant la saison des pluies et la période des examens à grand tirage, selon un communiqué publié lundi 8 juin 2026.
Dans le document signé de son coordonnateur national, Drissa Soulama, le FOSCAO demande aussi la mise en œuvre effective de solutions de relogement avant toute destruction d’habitations ainsi que l’instauration d’un mécanisme d’indemnisation des personnes affectées, conformément aux principes de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
L’organisation reconnaît la nécessité pour les autorités de libérer les zones à risque afin de prévenir les pertes en vies humaines liées aux inondations et aux glissements de terrain mais souligne toutefois que les méthodes actuellement employées exposent les populations concernées à de nouvelles vulnérabilités.
Selon le FOSCAO, la Côte d’Ivoire fait face à une urbanisation rapide qui accentue les risques dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Les données disponibles indiquent qu’au moins une dizaine de personnes perdent la vie chaque année dans la capitale économique en raison des inondations et des glissements de terrain. Entre 2022 et 2025, plusieurs dizaines de décès ont également été enregistrés au cours des saisons pluvieuses.
L’organisation rappelle qu’un rapport élaboré en 2022 par le ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, en collaboration avec l’Office national de la protection civile (ONPC), avait identifié 55 sites majeurs à risque. À ce jour, 176 quartiers d’Abidjan sont classés comme zones à risque, notamment dans les communes d’Abobo, Anyama, Attécoubé, Bingerville, Cocody, Port-Bouët et Yopougon.
Le FOSCAO estime que les opérations de déguerpissement menées en pleine saison des pluies aggravent la précarité des populations concernées. Selon le communiqué, le déplacement de familles sans solution de relogement adéquate les expose à des risques sanitaires, notamment le choléra et le paludisme, ainsi qu’aux dangers liés aux intempéries.
L’organisation s’inquiète également des conséquences de ces opérations sur la scolarité des enfants, particulièrement ceux en classes d’examen. Elle considère que ces déguerpissements pourraient compromettre le droit à l’éducation et nuire aux efforts engagés par l’État en faveur de l’école obligatoire.
Le FOSCAO soutient par ailleurs que les expulsions forcées sans solution alternative de logement sont contraires aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, notamment au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par le pays en 1992.
« La protection des populations vivant dans les zones à risque ne doit pas engendrer une nouvelle urgence humanitaire », souligne le communiqué.
Le district autonome d’Abidjan a entrepris la semaine dernière des opérations de déguerpissement dans des quartiers situés dans les zones à risques notamment à Port-Bouët et aussi de libérations des trottoirs dans la commune de Yopougon.
(AIP)
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