Abidjan, 07 juin 2026 (AIP) – Le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), dirigé par Charles Blé Goudé, a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie d’« approche essentiellement coercitive » dans le cadre des opérations de déguerpissement et de démolition menées actuellement dans plusieurs quartiers du district autonome d’Abidjan.
Dans un communiqué publié le 4 juin 2026 et signé par son porte-parole, Me Serge Ouraga, le parti estime que les autorités privilégient l’intervention des bulldozers au détriment de la concertation, de l’anticipation et de la justice sociale.
Selon le COJEP, ces opérations ont déjà affecté des milliers de familles contraintes de quitter leurs habitations, les exposant à une situation de grande précarité. Le parti évoque notamment le sort de femmes, d’enfants, de personnes âgées et de travailleurs modestes qui se retrouvent sans abri à la suite des démolitions.
Tout en reconnaissant la nécessité pour l’État de préserver l’ordre urbain, de protéger les populations vivant dans des zones à risque et de poursuivre la modernisation de la capitale économique, le COJEP s’interroge sur les conditions de mise en œuvre de ces opérations.
« Peut-on prétendre protéger des populations en les abandonnant à la rue ? Peut-on bâtir une ville moderne en sacrifiant la dignité de ceux qui l’habitent ? », s’interroge-t-il dans le communiqué.
Le parti relève également ce qu’il considère comme des insuffisances dans la gouvernance urbaine. Il rappelle que les quartiers concernés se sont développés progressivement au vu et au su de l’administration, parfois pendant plusieurs décennies.
Pour le COJEP, il est difficile de comprendre que des zones longtemps tolérées ou encadrées par les pouvoirs publics soient aujourd’hui déclarées irrégulières et fassent l’objet d’expulsions menées dans l’urgence.
Le mouvement politique refuse que les populations les plus vulnérables soient tenues pour seules responsables d’une situation qu’il attribue aussi à un manque de planification et de maîtrise de l’urbanisation.
Le communiqué souligne en outre que ces opérations interviennent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la saison des pluies et par le déroulement des examens de fin d’année. Le COJEP estime que cette situation expose davantage les familles concernées aux intempéries, aux maladies et à l’insécurité, tout en perturbant les conditions d’études de nombreux élèves et étudiants.
Le parti appelle ainsi les autorités à privilégier une démarche davantage fondée sur la concertation avec les populations affectées, estimant que le développement urbain doit être « un projet collectif, construit avec les populations et au bénéfice des populations ».
(AIP)
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