Abidjan, 08 juin 2026 (AIP) – Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé ses compatriotes à soutenir la lutte contre l’immigration clandestine dans le respect de la loi et des droits humains, tout en mettant en garde contre la xénophobie, la violence et les campagnes de désinformation visant les ressortissants étrangers, a rapporté l’Agence de presse du gouvernement sud africain (SAnews).
S’exprimant dimanche 7 juin 2026 lors d’une allocution à la nation sud africaine, le chef de l’État a reconnu les préoccupations croissantes des Sud-Africains concernant l’impact de l’immigration irrégulière sur les services publics, l’emploi, la sécurité et l’État de droit. Il a toutefois insisté sur le fait que ces inquiétudes ne devaient pas être instrumentalisées pour alimenter la haine ou les divisions au sein de la société.
« Nous savons que les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », a déclaré M. Ramaphosa, soulignant qu’il n’y a pas de place dans le pays pour la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’afrophobie ou toute autre forme d’intolérance.
Le président a dénoncé les groupes qui exploitent la question migratoire pour encourager l’anarchie et la violence, ainsi que les campagnes sur les réseaux sociaux qui diffusent, selon lui, de fausses informations sur les ressortissants étrangers.
« Nous ne nous laisserons ni tromper ni influencer par les campagnes diffusant de la désinformation, de fausses nouvelles et des mensonges sur les ressortissants étrangers », a-t-il affirmé, ajoutant que le gouvernement prendra des mesures contre toute tentative de déstabilisation du pays à des fins politiques, personnelles ou criminelles.
Il a également exprimé son inquiétude face à la montée de discours à caractère tribal ou ethnique visant parfois d’autres citoyens sud-africains, en plus des étrangers.
Réaffirmant le droit de l’Afrique du Sud à faire respecter ses lois sur l’immigration, M. Ramaphosa a toutefois insisté sur le fait que leur application relève exclusivement des autorités compétentes. « Nul autre n’est autorisé à interpeller une personne dans la rue pour exiger une preuve de nationalité », a-t-il déclaré.
Le président a rappelé que l’Afrique du Sud demeurait attachée à la protection des droits humains de toutes les personnes vivant sur son territoire, qu’elles soient citoyennes sud-africaines ou ressortissantes étrangères, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du pays.
Tout en reconnaissant que l’immigration clandestine non maîtrisée peut peser sur les services publics et favoriser certaines activités criminelles, il a appelé les communautés à collaborer avec les autorités dans le respect de la loi, sans intimidation, discrimination ni recours à la violence.
Alors que le gouvernement met en œuvre de nouvelles mesures de gestion des migrations, M. Ramaphosa a assuré que les autorités ne permettraient à personne d’utiliser la question de l’immigration clandestine pour menacer la sécurité publique ou fragiliser la cohésion nationale.
Le chef de l’État a conclu en affirmant que l’Afrique du Sud pouvait relever le défi de l’immigration clandestine tout en restant fidèle à ses valeurs constitutionnelles et à l’esprit d’Ubuntu, appelant les citoyens à défendre la dignité humaine, à respecter l’État de droit et à contribuer à la construction d’un pays « sûr, respectueux des lois, solidaire et prospère ».
(AIP)
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