Bouaflé, 02 juin 2026 (AIP) – Le président de la Mutuelle de développement de Lopouafla (MUDEL), le Colonel Jean-Claude Tibé, a animé une conférence de presse, samedi 30 mai 2026, au foyer polyvalent des jeunes de Lopouafla, dans la commune de Bouaflé, afin d’informer l’opinion publique sur la crise foncière liée au lotissement du village et les tensions qu’elle engendre au sein de la communauté.
Face aux populations et aux cadres, colonel Tibé a retracé l’histoire de Lopouafla, rappelant que le site actuel du village résulte d’une réinstallation décidée à l’époque coloniale par l’administration. Depuis cette période, plusieurs chefs se sont succédé à la tête de la localité et les six familles fondatrices ont contribué à son développement dans un climat marqué par la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Selon lui, la situation que traverse actuellement le village est inédite. « Aucun des chefs qui ont dirigé le village avant aujourd’hui n’a été confronté à une telle situation », a-t-il affirmé.
Au cœur du différend se trouve le projet de lotissement de Lopouafla. Le conférencier a expliqué qu’un plan consensuel avait été élaboré en 1976 avec l’adhésion de l’ensemble des populations. Dans cette dynamique, les habitants avaient mobilisé une contribution financière de 250 000 FCFA destinée à faciliter la validation du document auprès des autorités compétentes.
Toutefois, a-t-il indiqué, le plan finalement validé serait différent de celui adopté à l’époque par les villageois. À la consultation du guide foncier associé à ce nouveau document, les populations auraient constaté que seuls trois membres d’une même famille, parmi les six familles propriétaires terriennes du village, y figuraient principalement, notamment le chef du village, l’un de ses cousins et un autre parent.
Pour le président de la MUDEL, cette situation suscite de profondes interrogations et alimente un sentiment d’exclusion au sein des autres familles fondatrices. « Chaque famille possède son histoire, son patrimoine et ses représentants au sein de la chefferie et de la notabilité. Personne ne peut effacer cette réalité », a-t-il soutenu.
Estimant que les autorités administratives n’auraient pas été suffisamment informées de l’histoire foncière et de l’organisation coutumière de Lopouafla, la MUDEL envisage plusieurs recours légaux en vue d’obtenir l’annulation du plan contesté. Malgré cette démarche, le Colonel Tibé a insisté sur la nécessité de privilégier une résolution pacifique du conflit.
Dans un message adressé au chef du village, il a lancé un appel à la concertation et à l’apaisement. « Personne ne cherche à te retirer ta place ni à te déstabiliser. Nous voulons simplement préserver les intérêts de toutes les familles de Lopouafla », a-t-il déclaré.
En conclusion, le président de la MUDEL a invité les autorités administratives à favoriser le dialogue, la négociation et la réconciliation entre les différentes parties. Pour lui, seule une solution consensuelle permettra de préserver la cohésion sociale, l’unité du village et l’héritage légué par les ancêtres, tout en garantissant une paix durable à Lopouafla.
La partie mise en cause dans cette affaire entend également faire entendre sa version des faits. Rencontrés lundi 1er juin 2026, le chef du village, Tra Bi Trazié et deux notables, ont indiqué qu’une conférence de presse sera prochainement organisée afin d’apporter des éléments de réponse aux déclarations du président de la MUDEL et de présenter la position de la chefferie sur le dossier du lotissement contesté.
(AIP)
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