Bongouanou, 26 juil 2026 (AIP) – Le pagne ancestral Bomo, présenté comme une composante du patrimoine vestimentaire du peuple agni du Moronou, a été remis en lumière à l’occasion de la cinquième édition du Morofwè N’Ganda festival, organisée à Bongouanou.
La commissaire générale du festival, N’Guetta Kpélé Viviane, a expliqué, vendredi 24 juillet 2026, que le choix du Bomo est issu de recherches consacrées aux richesses du tissage en pays Agni Morofwè.
Selon elle, ce pagne n’est pas le seul tissu traditionnel identifié, mais il figure parmi les rares pour lesquels les organisateurs disposent d’échantillons et ont trouvé un artisan capable d’assurer une reproduction fidèle.
Un atelier de tissage animé par un artisan venu de Yamoussoukro a ainsi permis de présenter au public les techniques de reproduction de ce tissu ancien, encore peu connu par une partie de la population.
« Nous sommes nous-mêmes en apprentissage de ce savoir-faire, mais nous voulions présenter une reproduction authentique lors du festival », a indiqué Mme N’Guetta, précisant que le travail a été confié à un tisserand expérimenté afin de respecter les techniques traditionnelles.
La commissaire générale a également fait état de l’identification d’autres tissus patrimoniaux, notamment le Beaufoin, fabriqué à partir de l’écorce d’un arbre spécifique, travaillée par martelage avec des instruments particuliers.
Les recherches menées par les organisateurs visent à documenter progressivement ces différentes richesses et à transmettre les techniques de fabrication aux générations futures.
Au-delà de sa dimension culturelle, la valorisation du Bomo pourrait favoriser la création d’activités économiques. La promotrice du festival souhaite notamment que des jeunes du Moronou puissent apprendre le métier de tisserand et tirer des revenus de la fabrication et de la commercialisation de ce pagne.
Elle ambitionne de faire reconnaître le Bomo comme un pagne identitaire du Moronou et de la Côte d’Ivoire, à l’image d’autres tissus traditionnels devenus des références culturelles et économiques.
La commissaire générale souhaite qu’à terme, le Bomo puisse être porté lors de cérémonies officielles et de festivités traditionnelles, et servir à la confection d’écharpes, de vêtements et d’accessoires représentatifs de l’identité régionale.
Les témoignages recueillis auprès des anciens indiquent que ce tissu servait autrefois principalement de couverture ou de drap. Les femmes l’utilisaient également pour se couvrir, sans qu’il soit nécessairement transformé en vêtement confectionné.
Mme N’Guetta a toutefois souligné que sa vulgarisation se fera après consultation des détenteurs du savoir traditionnel. Certains pagnes étant réservés à des usages ou à des catégories particulières, les organisateurs veulent déterminer les conditions dans lesquelles le Bomo peut être porté sans altérer sa signification culturelle.
(AIP)
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