Bouna, 18 juil 2025 (AIP)–Hien Djanvoté, vivant dans le village de Kontounondouo, dans la sous-préfecture de Youndouo (Département de Bouna), a misé très tôt sur l’agriculture pour bâtir sa réussite, formant des dizaines de jeunes, dont d’anciens orpailleurs clandestins qu’il a orientés vers les cultures vivrières dans la région du Bounkani.
Âgé de 43 ans et sans instruction scolaire, il exploite 32 hectares de cultures vivrières et plus de 72 hectares d’anacarde. « Je n’ai pas fait l’école, mais j’ai cru en la terre, parce que la terre, elle, ne trahit jamais », confie Hien Djanvoté.
L’exploitant dit héberger, nourrir et rémunérer une cinquantaine de jeunes employés dans ses champs. Plusieurs d’entre eux sont d’anciens orpailleurs clandestins. « Je dis toujours à mes jeunes frères de laisser les pioches de l’orpaillage et de prendre les dabas, car c’est la terre qui nourrit durablement et dignement. Ils commencent à le comprendre », souligne-t-il.

Les activités se font avec l’appui technique de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER). « Lorsque nous voyons travailler ces jeunes qu’il a reconvertis dans l’agriculture nous sommes admiratifs », précise l’agent de l’ANADER, Ekissi Roland, en charge de la sous-préfecture de Youndouo.
Les cultures vivrières de Hien Djanvoté comprennent igname, riz, maïs, mil, haricot, arachide, gombo, salade, piment et tomate. Ses productions alimentent les marchés du Bounkani et d’autres régions. « Je viens chaque semaine me ravitailler chez lui et je revends au marché de Doropo et même jusqu’à Bondoukou », a indiqué Dah Filpité, commerçant basé à Téhini.

En janvier 2025, Hien Djanvoté a obtenu le deuxième prix Alassane Ouattara du meilleur producteur national de noix de cajou, avec plus de 150 tonnes vendues. Il a reçu un trophée, un diplôme, un tricycle et une enveloppe. « Quand on m’a appelé pour recevoir ce prix, j’ai compris que mes efforts n’étaient pas vains. Cela m’a redonné encore plus de force pour continuer et aller plus loin », dit-il.
L’agriculteur cherche à moderniser ses pratiques et à étendre ses surfaces. Il demande un appui en mécanisation, intrants, semences améliorées et formations pour ses ouvriers. « Avec un ou deux tracteurs, je pourrais cultiver plus de terres, employer plus de jeunes et produire encore davantage pour nourrir la région », plaide-t-il.
(AIP)
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