Sokourala Vassouatchè-fesso (Man), 24 août 2026 (AIP) – Les populations de Sokourala Vassouatchè-fesso, un village situé dans la sous-préfecture de Sandougou-Soba (Ouest ivoirien, région du Tonkpi), sollicitent la réhabilitation de Pligui, la principale source traditionnelle d’approvisionnement en eau du village, confrontée à une dégradation de ses conditions de protection et à une pression démographique croissante.
Située au pied d’une montagne, la source Pligui approvisionne les populations de Sokourala depuis plusieurs générations. Selon les témoignages recueillis le samedi 22 août 2026 sur le site, cette source, autrefois protégée par une dalle et un aménagement en ciment, est aujourd’hui exposée aux eaux de ruissellement ainsi qu’à la chute de feuilles et de déchets.

« Actuellement, on a besoin de ciment. Le ciment, on peut mettre un toit dessus. On a eu la tôle aussi pour fermer, pour éviter que les ordures tombent dedans », a expliqué le président des jeunes de Sokourala Vassouatchè-fesso, Sadia Moussa Dosso.
Il a indiqué que les femmes et les jeunes du village se mobilisent régulièrement pour nettoyer la source et retirer les déchets qui s’y accumulent.
La dégradation de l’aménagement aurait également contribué à la modification de l’aspect de l’eau, devenue parfois rougeâtre sous l’effet des eaux de ruissellement et des caractéristiques du sol environnant, selon les témoignages recueillis sur place.
Face à cette situation, les populations souhaitent notamment reconstruire la protection de la source, avec du ciment et une toiture, afin de limiter la contamination par les déchets et les eaux de ruissellement.
Une ressource sous pression démographique

La source Pligui constitue un point d’approvisionnement important pour les différentes communautés vivant à Sokourala Vassouatchè-fesso. Cependant, l’augmentation de la population exerce une pression accrue sur cette ressource.
« La population est trop », a relevé M. Dosso, évoquant la nécessité de trouver des solutions permettant de disposer d’une quantité d’eau suffisante pour répondre aux besoins des habitants.
Le village dispose également de deux pompes hydrauliques, mais une seule est actuellement fonctionnelle. Cette situation renforce la dépendance à l’égard de la source traditionnelle.
Les habitants souhaitent ainsi la réparation de la pompe défectueuse et, à terme, le renforcement des points d’eau afin de réduire la pression exercée sur la source Pligui.
Par ailleurs, des travaux d’adduction d’eau sont en cours dans le village. La présidente de la Mutuelle pour le développement de Sokourala (MUDES), Affissiata Diomandé, a indiqué, vendredi 21 août, lors de la cérémonie d’ouverture de la 4e édition du Festival Nissondia, que cette infrastructure devrait contribuer à améliorer l’approvisionnement en eau de la localité.
Toutefois, certains habitants s’interrogent sur leur capacité à supporter le coût de l’eau potable distribuée à travers ce réseau, contrairement à l’eau de la source Pligui, accessible gratuitement.
Une source à préserver
Les témoignages recueillis sur le site soulignent également la dimension culturelle et traditionnelle de la source où ne sont admis ni chaussures, ni seau ou tout autre récipient à usage de bain. Des habitants expliquent que leurs ancêtres ont longtemps veillé à sa protection et que certains éléments de la tradition sont associés à sa préservation.

Une ancienne responsable des femmes du village, dame Gba, accompagné de dame Bamba, a notamment évoqué l’existence ancienne de poissons, notamment des silures, dans la source, aujourd’hui disparus.
Au-delà de la dimension culturelle, les populations souhaitent que des mesures soient prises pour préserver la qualité de cette ressource, qui demeure indispensable à leur quotidien.
Cette préoccupation est d’autant plus importante que l’eau de la source est consommée par plusieurs communautés vivant dans le village. Les habitants souhaitent donc que sa sécurisation soit envisagée parallèlement aux travaux d’adduction d’eau.
Un besoin qui dépasse la seule question de l’eau
La question de l’eau s’inscrit dans un ensemble plus large de difficultés auxquelles Sokourala Vassouatchè-fesso est confronté. Les populations ont également évoqué l’absence de centre de santé, les difficultés d’accès au village et le déficit de couverture téléphonique.
Selon des témoignages recueillis sur place, les personnes nécessitant des soins doivent parcourir environ huit kilomètres pour rejoindre une structure sanitaire à Bofesso ou le chef-lieu de sous-préfecture, Sandougou-Soba. En cas d’urgence obstétricale, l’évacuation des femmes enceintes est particulièrement difficile en raison de l’état de la route.
La présidente de la MUDES a annoncé la construction prochaine d’un centre de santé à Sokourala, ainsi que la poursuite des travaux d’adduction d’eau.
La réhabilitation de la source Pligui, le fonctionnement des deux pompes hydrauliques et la mise en service effective du réseau d’adduction d’eau apparaissent ainsi comme des enjeux majeurs pour améliorer durablement l’accès à l’eau dans cette localité.
Pour les populations, il s’agit désormais de préserver une ressource qui accompagne leur histoire depuis des générations, tout en développant des infrastructures modernes capables de répondre aux besoins d’une population en croissance.
(AIP)
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