Abidjan, 10 juin 2026 (AIP)- La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a préconisé mardi 10 juin 2026, le développement d’une Intelligence artificielle (IA) favorisant la visibilité et la valorisation des contenus culturels francophones.
Intervenant par visioconférence depuis son cabinet à Abidjan Plateau lors de la conversation francophone organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) autour du thème « L’Intelligence artificielle au service de la découvrabilité des contenus francophones », Mme Remarck a présenté la stratégie ivoirienne comme une réponse aux défis de la souveraineté culturelle à l’ère de l’IA.
« Il ne s’agit pas seulement de produire davantage de contenus, mais de s’assurer qu’ils puissent être vus, trouvés, recommandés, compris, partagés et monétisés », a-t-elle déclaré.
S’appuyant sur la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle à l’horizon 2030, adoptée en 2025, la ministre a défendu le développement de solutions technologiques adaptées aux réalités francophones et africaines. Elle a notamment insisté sur la nécessité de créer des modèles de langage intégrant les langues locales, de renforcer la qualité des données culturelles, de poursuivre la numérisation du patrimoine et de développer des plateformes capables de mieux promouvoir les œuvres et les artistes francophones.
Françoise Remarck a également rappelé les conclusions de la Conférence internationale Abidjan 2, dont la Déclaration d’Abidjan préconise davantage de transparence sur les algorithmes, une rémunération équitable des créateurs et une meilleure intégration des langues africaines dans les corpus d’entraînement de l’intelligence artificielle.
Les travaux ont été ouverts par la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, qui a appelé à une mobilisation collective en faveur de la diversité linguistique et culturelle.
Pour Mme Mushikiwabo, ces outils influencent les contenus visibles, les usages et les imaginaires, d’où la nécessité de garantir la production et la découvrabilité des contenus francophones ainsi que des langues nationales.
Selon les données évoquées lors de la rencontre, les contenus francophones demeurent largement minoritaires dans l’univers numérique, tandis que l’anglais occupe une place prépondérante dans les moteurs de recherche, les plateformes de diffusion et les systèmes d’intelligence artificielle.
Les échanges ont mis en avant la nécessité de faire de l’Intelligence artificielle un levier de promotion du français et des cultures francophones dans l’espace numérique mondial, plutôt qu’un facteur d’uniformisation culturelle.
(AIP)
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