Abidjan, 09 juin 2026 (AIP) – L’Afrique du Sud se prépare à produire localement le Lenacapavir, un médicament innovant de prévention du VIH administré par injection deux fois par an, afin d’en faciliter l’accès à grande échelle, a annoncé le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, lors de son lancement officiel à Secunda.
Selon l’agence de presse SAnews, le laboratoire américain Gilead, détenteur du brevet, s’est déclaré disposé à accorder une licence volontaire à une entreprise sud-africaine capable de fabriquer le médicament. Cette mesure ouvrirait la voie à la production de versions génériques destinées à réduire les coûts et à accroître la disponibilité du traitement.
D’après M. Motsoaledi, l’Afrique du Sud, qui consomme déjà près du quart des antirétroviraux utilisés dans le monde, devrait devenir l’un des principaux marchés du Lenacapavir. Un comité associant notamment le Conseil national sud-africain de lutte contre le sida (SANAC) sera chargé d’identifier l’entreprise qui assurera sa fabrication.
Parallèlement, la Clinton Health Access Initiative et la Fondation Gates soutiennent le développement de génériques à bas coût par les laboratoires indiens Dr Reddy’s et Hetero. Ces versions pourraient être proposées à un prix jusqu’à 700 fois inférieur à celui du produit original.
Les démarches d’homologation sont en cours auprès de l’Autorité sud-africaine de réglementation des produits de santé (SAHPRA). Si les autorisations sont accordées dans les délais prévus, les premiers génériques pourraient être disponibles dès 2027.
Cette initiative intervient alors que l’Afrique du Sud demeure le pays le plus touché par le VIH, avec environ 8,15 millions de personnes vivant avec le virus en 2025.
Considéré comme une avancée majeure dans la prévention du VIH, le Lenacapavir offre une protection de six mois par injection. Les essais cliniques ont montré une efficacité proche de 100 % dans certaines populations à risque, amenant l’Organisation mondiale de la Santé à recommander son intégration aux stratégies de prévention combinée.
Le déploiement du médicament a déjà commencé dans plusieurs provinces du pays, avec un objectif d’un million de bénéficiaires d’ici à 2027.
(AIP)
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