Abidjan, 30 juin 2026 (AIP) – La cérémonie officielle de la Semaine Health Safety and Environment (HSE) 2026 d’Eni Côte d’Ivoire s’est tenue mardi 30 juin 2026 au Radisson Blu Hotel d’Abidjan Airport, sous le parrainage du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, qui a alerté sur les risques croissants liés à la pollution plastique.
Placée sous le signe de la responsabilité environnementale et de la sécurité, cette édition vise à renforcer la culture de la prévention, de la sécurité et de la protection de l’environnement au sein de l’entreprise et de ses parties prenantes. Elle fait suite à une opération de « Beach Cleaning » organisée le week-end dernier, ayant permis de nettoyer deux kilomètres de plage et de collecter plus de sept tonnes de déchets plastiques.
Le ministre Abou Bamba a dressé un tableau préoccupant de la pollution plastique. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, 11 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées chaque année dans les océans. En Côte d’Ivoire, la production annuelle est estimée à plus de 460 000 tonnes, dont environ 50 % sont rejetées dans la nature, tandis que le taux de recyclage demeure faible, compris entre 3 et 20 % selon les estimations.
À Abidjan, a-t-il précisé, la production de déchets plastiques atteint environ 280 tonnes par jour, dont seulement 10 % sont collectés et 3 % recyclés. « Si nous ne changeons pas nos modes de production et de consommation, ce volume pourrait presque doubler d’ici 2040 », a-t-il averti, soulignant les impacts sur les écosystèmes marins, la biodiversité, la pêche, le tourisme et la présence de microplastiques dans la chaîne alimentaire.

Le ministre a également mis en garde contre les effets économiques du changement climatique. Selon des projections de la Banque mondiale, le PIB réel de la Côte d’Ivoire pourrait reculer jusqu’à 13 % d’ici 2050 si les tendances actuelles se poursuivent, en raison notamment des perturbations climatiques, des inondations et de la montée du niveau de la mer. Environ 1,6 million de personnes pourraient basculer dans la pauvreté à cet horizon.
Rappelant le cadre réglementaire, Abou Bamba a évoqué le décret de 2013 interdisant les sachets plastiques à usage unique, dont les infractions sont passibles de lourdes sanctions. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de la protection de l’environnement une priorité nationale, à travers la promotion de l’économie circulaire et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le ministre a salué les initiatives d’Eni Côte d’Ivoire, notamment son rapport local de développement durable 2024 et ses actions de terrain, tout en appelant les opérateurs économiques à se conformer au Code de l’environnement et à contribuer à l’objectif national de réduction de 33,07 % des émissions d’ici 2030.
« La culture HSE n’est pas une contrainte, mais un investissement stratégique qui protège les travailleurs, améliore la performance des entreprises et renforce la compétitivité de notre économie », a-t-il souligné avant de déclarer ouverte la HSE Week 2026.
Le directeur général d’Eni Côte d’Ivoire, Luca Faccenda, a pour sa part insisté sur la HSE comme « une valeur fondamentale » guidant les activités de l’entreprise. Il a réaffirmé l’engagement de la société à garantir la sécurité des travailleurs, protéger l’environnement et renforcer la coopération avec les autorités et les communautés.
Des ateliers, formations et campagnes de sensibilisation sont prévus tout au long de la semaine afin de promouvoir les meilleures pratiques en matière de santé, sécurité et environnement sur l’ensemble des opérations.
(AIP)
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