Abidjan, 10 août 2026 (AIP) – La société civile ghanéenne a dénoncé les lenteurs dans l’adoption d’un projet de loi visant à criminaliser les fausses accusations de sorcellerie, à l’occasion de la Journée mondiale contre les chasses aux sorcières célébrée lundi 10 août 2026.
Selon Amnesty International, le Ghana demeure le seul pays au monde où subsistent des « camps de sorcières », des communautés où vivent principalement des femmes accusées de sorcellerie, notamment dans les régions du Nord et du Nord-Est.
Six ans après le lynchage d’Akuah Dente, une femme de 90 ans battue à mort en 2020 après avoir été accusée de sorcellerie, les organisations de la société civile continuent de réclamer l’adoption d’un cadre juridique permettant de sanctionner les auteurs de telles accusations.
À l’occasion de cette journée, le président du Sanneth Institute, John Azumah, engagé dans la protection des victimes de fausses accusations de sorcellerie, devait rencontrer la ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale afin de rappeler au gouvernement la nécessité de faire aboutir le projet de loi.
« Sous le gouvernement précédent, le président avait refusé de signer la loi. Aujourd’hui, avec le gouvernement actuel, le président John Dramani Mahama avait promis que dès son arrivée, il signerait ce projet de loi », a expliqué M. Azumah.
Il a toutefois relevé que le renouvellement du Parlement nécessite un nouvel examen du texte avant sa transmission au président de la République pour promulgation.
Selon le président du Sanneth Institute, le gouvernement souhaite désormais que le texte soit présenté comme une initiative gouvernementale plutôt que comme une proposition d’origine parlementaire.
« Je vais donc aller demander à Madame la ministre, qui au sein du gouvernement est en charge de cette question ? Qui va la faire avancer ? Et aussi, comment pouvons-nous, en tant que société civile, apporter notre soutien et veiller à ce que ce projet de loi soit adopté ? », a-t-il indiqué.
Pour John Azumah, l’adoption de cette loi constituerait un instrument supplémentaire d’éducation, de sensibilisation et de dissuasion, tout en contribuant à rendre justice aux victimes de ces pratiques.
« Nous poursuivons donc notre travail, mais nous pensons que si nous disposions de ce projet de loi, cela nous aiderait énormément », a-t-il conclu.
(AIP)
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