Abidjan, 27 juil 2026 (AIP)- L’ancien président sud-coréen déchu Yoon Suk-yeol a été condamné lundi 27 juillet 2026 à un an et demi de prison avec sursis pendant trois ans pour violation de la loi électorale, une décision susceptible d’entraîner l’annulation rétroactive de son élection à la présidence en 2022, rapporte l’Agence de presse chinoise Xinhua.
Le tribunal du district central de Séoul a estimé que Yoon avait diffusé de fausses informations au cours de sa campagne présidentielle, en violation de la loi sur l’élection des représentants publics.
Le parquet spécial dirigé par le procureur indépendant Min Joong-ki, chargé de l’enquête sur les accusations de corruption visant Yoon et son épouse, avait requis une peine de deux ans d’emprisonnement.
En vertu de la législation électorale sud-coréenne, une élection peut être invalidée lorsqu’un élu est définitivement condamné à une peine d’emprisonnement, y compris avec sursis, ou à une amende supérieure à un million de wons. Déjà destitué de ses fonctions, Yoon pourrait ainsi voir sa victoire à l’élection présidentielle de 2022 juridiquement annulée si le jugement est confirmé en dernière instance.
Une telle décision aurait également des conséquences financières pour le Parti du pouvoir au peuple (PPP), principale formation d’opposition. Le parti devrait rembourser près de 39,7 milliards de wons (27,1 millions de dollars) correspondant aux frais de campagne qui lui avaient été remboursés par la Commission électorale nationale.
Les poursuites portent notamment sur des déclarations faites par Yoon lors d’un forum en janvier 2022, au cours duquel il avait affirmé que ni lui ni son épouse n’avaient rencontré l’intermédiaire chamaniste Jeon Seong-bae. Il lui était également reproché d’avoir déclaré, lors d’un débat présidentiel en décembre 2021, qu’il n’avait jamais présenté d’avocat à un ancien responsable d’un bureau des impôts faisant l’objet d’une enquête pour corruption.
Cette condamnation s’ajoute à plusieurs lourdes peines déjà prononcées contre l’ancien chef de l’État. En février, il a été condamné à la réclusion à perpétuité pour insurrection en lien avec sa tentative d’imposer la loi martiale. En juin, il a également écopé de 30 ans de prison pour trahison dans une affaire liée à une infiltration présumée de drones en République populaire démocratique de Corée (RPDC).
Yoon Suk-yeol avait décrété la loi martiale dans la nuit du 3 décembre 2024, avant que celle-ci ne soit annulée quelques heures plus tard par l’Assemblée nationale. Arrêté et inculpé en janvier 2025 comme chef présumé de l’insurrection, il est devenu le premier président sud-coréen en exercice à être placé en détention et poursuivi pénalement.
(AIP)
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