Abidjan, 21 juil 2026 (AIP) – L’Assemblée nationale française a adopté, dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 juillet 2026, le projet de loi d’urgence agricole par 296 voix contre 224, à l’issue de débats particulièrement tendus marqués par la contestation d’un article autorisant, à titre dérogatoire et sous conditions, la réintroduction de deux pesticides interdits en France, l’acétamipride et le flupyradifurone.
Le texte, issu d’un compromis entre députés et sénateurs, doit être examiné mardi par le Sénat en vue de son adoption définitive.
Le projet de loi prévoit que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) puisse accorder des dérogations pour l’utilisation de ces deux substances, toujours autorisées au niveau de l’Union européenne, afin de soutenir certaines filières agricoles confrontées à des difficultés, notamment la betterave et la noisette.
Au-delà de cette disposition controversée, le texte vise à faciliter la réalisation d’ouvrages de stockage d’eau, y compris dans certaines zones humides, à simplifier la construction de bâtiments d’élevage, à renforcer le pouvoir de négociation des organisations de producteurs et à promouvoir la souveraineté alimentaire française.
Les débats se sont crispés lorsque le gouvernement a refusé de soumettre au vote des amendements, y compris ceux déposés par des députés de la majorité, qui demandaient la suppression des dispositions relatives aux pesticides. Cette décision a suscité des critiques jusque dans les rangs du bloc présidentiel.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a salué un vote « de responsabilité », estimant que cette loi répond aux attentes du monde agricole. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également défendu un texte qu’il juge nécessaire au renforcement de la souveraineté alimentaire.
Les principales organisations agricoles favorables au projet, notamment la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), considèrent que la possibilité de réintroduire ces pesticides permettra de réduire les distorsions de concurrence avec les autres pays européens où ces produits restent autorisés.
À l’inverse, la Confédération paysanne, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et plusieurs élus de gauche dénoncent un recul environnemental et un affaiblissement du débat démocratique. Ils estiment que cette mesure pourrait avoir des conséquences sur la biodiversité et la santé publique, tout en ne répondant pas durablement aux difficultés du secteur agricole.
Si le Sénat confirme le vote des députés, le projet de loi sera définitivement adopté.
(AIP)
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