Abidjan, 23 juil 2026 (AIP) – Reporters sans frontières (RSF) a déploré, jeudi 23 juillet 2026, le fait que la majorité des États membres de l’Union européenne (UE) n’aient toujours pas adapté leur législation nationale au règlement européen sur la liberté des médias (European Media Freedom Act – EMFA), près d’un an après son entrée en vigueur.
Dans un communiqué, l’organisation relève que seuls les pays les mieux classés dans son Classement mondial de la liberté de la presse ont engagé des réformes significatives. À quelques jours de la publication du rapport annuel de la Commission européenne sur l’État de droit, RSF appelle les gouvernements concernés à accélérer la mise en conformité de leur législation.
Selon l’organisation, plusieurs problèmes ayant motivé l’adoption de l’EMFA persistent dans de nombreux pays, notamment les ingérences politiques dans les médias de service public, les atteintes à la confidentialité des sources journalistiques, l’opacité de la propriété des médias, la répartition inéquitable de la publicité publique et la concentration des médias.
« Si les États membres en retard dans la mise en œuvre de ce règlement n’agissent pas d’urgence pour combler les lacunes de leur législation, ses promesses resteront lettre morte, privant ainsi les citoyens et citoyennes de leur droit d’accéder à une information fiable, indépendante et pluraliste », a averti Julie Majerczak, représentante permanente de RSF auprès de l’Union européenne.
L’évaluation de RSF porte sur cinq domaines clés. Concernant les médias de service public, l’organisation cite la Suède et la Hongrie parmi les pays ayant engagé des réformes pour renforcer leur indépendance. À l’inverse, elle estime que des États comme la France, la Grèce, la Roumanie, la Pologne, la Bulgarie ou la Slovaquie demeurent confrontés à des risques d’ingérences politiques ou à des mécanismes de financement insuffisamment protecteurs.
RSF relève également que peu de progrès ont été réalisés dans la protection des journalistes, notamment en matière de confidentialité des sources, alors que l’article 4 de l’EMFA interdit de contraindre les journalistes à révéler leurs sources. Elle s’inquiète en particulier de la persistance de dispositifs de surveillance dans plusieurs États membres.
L’organisation identifie par ailleurs la concentration des médias comme le principal point faible de la mise en œuvre du règlement. Selon elle, seuls quelques pays, dont la Finlande, le Portugal et la Suède, disposent d’un cadre conforme aux exigences européennes pour évaluer les effets des concentrations sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale.
Enfin, RSF juge les progrès limités en matière d’encadrement des budgets publicitaires publics, tout en saluant des avancées plus encourageantes concernant la transparence de la propriété des médias, même si plusieurs États membres n’ont pas encore créé les bases de données exigées par la réglementation européenne.
(AIP)
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