Abidjan, 23 juil 2026 (AIP) – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé mercredi 22 juillet 2026, une nouvelle dégradation des droits civils et politiques au Nicaragua, exprimant sa préoccupation face à des mesures susceptibles d’empêcher des opposants politiques de participer aux prochaines élections.
Dans une déclaration publiée par les Nations Unies, M. Türk réagissait notamment aux propos du coprésident nicaraguayen Daniel Ortega, qui a annoncé dimanche l’adoption prochaine de nouvelles lois pouvant interdire à des personnes et groupes dissidents de se présenter aux scrutins. Daniel Ortega dirige le pays avec son épouse, Rosario Murillo.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) relève également que plusieurs avocats ont récemment été privés de leur accréditation, sans fondement juridique ni explication officielle. Selon l’ONU, au moins 46 personnes restent par ailleurs détenues arbitrairement pour des motifs politiques.
« Ces derniers développements aggravent encore les graves restrictions aux libertés fondamentales, le démantèlement de l’espace civique et l’érosion progressive de l’État de droit », a déclaré Volker Türk, estimant que le pouvoir est de plus en plus concentré entre les mains de la coprésidence.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également fait part de son inquiétude par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric. Il a rappelé qu’il appartient aux autorités nicaraguayennes « de respecter les droits de l’homme et de veiller à ce que tous les citoyens puissent participer librement et en toute sécurité à la vie publique, notamment en exerçant leur droit de vote lors d’élections garantissant la libre expression de la volonté du corps électoral ».
Selon le HCDH, le parti au pouvoir contrôle l’ensemble des institutions politiques du pays, tandis que l’espace civique est « presque entièrement fermé » et que les opinions indépendantes font l’objet d’une répression systématique. L’ONU fait également état de préoccupations concernant les droits des peuples autochtones, dont certains territoires font l’objet de concessions minières accordées, selon des organisations de la société civile, sans consultation préalable.
Volker Türk s’est en outre alarmé d’informations faisant état d’une répression visant l’Église catholique et d’autres communautés religieuses. Il a notamment évoqué l’absence d’informations officielles sur le sort de Mgr Abelardo Mata Guevara, évêque de 80 ans arrêté le 29 juin.
Le Haut-Commissaire a appelé les autorités nicaraguayennes à libérer « immédiatement toutes les personnes arbitrairement détenues », à garantir un traitement conforme au droit international et à rouvrir l’espace civique. « Les personnes, quelles que soient leurs opinions politiques, doivent pouvoir voter et se présenter aux élections, conformément aux obligations internationales de l’État en matière de droits de l’homme », a-t-il insisté.
(AIP)
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