Bouaflé, 23 juil 2026 (AIP)-Les intervenants à une conférence organisée mercredi 22 juillet 2026 à Bouaflé, dans le cadre de la célébration différée de la 15ᵉ édition de la Journée mondiale de sensibilisation contre la maltraitance des personnes âgées (JMPA), ont appelé à une responsabilité collective pour prévenir les violences faites aux personnes âgées, renforcer leur protection juridique et promouvoir une culture de la bientraitance.
Initiée par la direction régionale de la Protection sociale de la Marahoué autour du thème « Protection des personnes âgées : responsabilité collective pour une société plus humaine et solidaire », la rencontre a réuni des membres du corps préfectoral, des directeurs et chefs de services, des leaders communautaires, des membres de l’association des retraités de Bouaflé (AREBO) ainsi que de nombreuses autres personnes.
Intervenant sur « Les formes et les manifestations de la maltraitance des personnes âgées », le directeur du Complexe socio-éducatif de Bouaflé et président de l’Association des gérontologues de Côte d’Ivoire, Alain Charles Houphouet, a rappelé que le vieillissement est un processus naturel qui concerne toute personne et dont les enjeux s’accentuent avec l’augmentation de l’espérance de vie.
Il a expliqué que la maltraitance des personnes âgées recouvre les violences psychologiques, physiques, financières, médicamenteuses ainsi que la négligence, lesquelles portent atteinte à leur dignité, à leur santé et à leur autonomie.
Le conférencier a souligné les lourdes conséquences de ces violences, notamment la dépression, l’isolement, la perte d’autonomie, la précarité et, dans les cas les plus graves, le décès prématuré. Il a plaidé pour le développement d’une véritable culture de la bientraitance, fondée sur le respect, l’écoute, la formation des aidants, le soutien aux familles et le renforcement des politiques publiques en faveur des personnes âgées.
Abordant « Les aspects juridiques et judiciaires de la maltraitance des personnes âgées », le président régional du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) de la Marahoué, Traoré Zié Innocent, a indiqué que, malgré l’absence d’une loi spécifique dédiée aux personnes âgées en Côte d’Ivoire, celles-ci bénéficient de la protection garantie par la Constitution, les instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme ainsi que le Code pénal.
Il a rappelé que les violences physiques, psychologiques, les spoliations de biens, l’abandon, les privations de soins ou encore les accusations de sorcellerie visant les personnes âgées constituent des infractions punies par la loi.
Le responsable local du CNDH a invité les populations à signaler sans hésitation tout cas de maltraitance aux services compétents, notamment la police, la gendarmerie, les services sociaux, la justice ou le Conseil national des droits de l’Homme, joignable gratuitement au 800 008 888.
Traoré Zié Innocent a plaidé pour l’adoption d’une législation spécifique pour protéger les personnes âgées et sanctionner les maltraitances, le renforcement des structures d’accueil et d’accompagnement pour leur garantir des conditions de vie dignes, et la poursuite des actions de sensibilisation afin de faire de leur protection une responsabilité collective.
(AIP)
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