Bouaflé, 15 sept 2026 (AIP)-Le Comité départemental de lutte contre l’orpaillage illégal (CDLOI) de Bouaflé a dévoilé, lundi 14 septembre 2026, son plan d’actions opérationnel visant à éradiquer, dans un délai de six mois, le phénomène de l’orpaillage illégal dans le département.
La présentation de cette feuille de route a été faite par le directeur régional des Mines et de la Géologie de la Marahoué, Souleymane Sanogo, lors d’une réunion présidée par le préfet de la région de la Marahoué, préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, à la préfecture, en présence des directeurs et chefs de service.
M. Sanogo a rappelé que cette initiative fait suite aux conclusions et recommandations de l’atelier du Conseil national de sécurité (CNS) et du corps préfectoral, tenu les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro, au cours duquel les préfets ont été mis en mission pour mettre fin à ce phénomène dans un délai de six mois, soit d’ici fin février 2027.
Selon le directeur régional des Mines, la feuille de route élaborée repose sur six actions clés. La première porte sur la planification et la coordination, avec notamment la validation de la feuille de route du CDLOI, la coordination des opérations de renseignement et de déguerpissement avec les forces de défense et de sécurité ainsi que la remobilisation de la cellule civilo-militaire (CCM).
La deuxième action concerne la sensibilisation des populations. Des tournées ciblées seront organisées dans les sous-préfectures et villages particulièrement touchés, notamment Pangbankouamékro, Krigambo Angovia, Kouakougnagnou et Baziafla.
Le troisième volet est consacré à l’alerte et au renseignement, à travers une veille permanente sur les activités suspectes liées à l’orpaillage illégal. Le dispositif prévoit notamment le signalement des achats suspects de carburant en grande quantité, la dénonciation des facilitateurs de l’orpaillage et la remontée en temps réel des informations relatives à d’éventuelles réinstallations sur les sites déjà déguerpis.
Le quatrième axe vise le déguerpissement et la surveillance. Il prévoit l’évacuation des 14 sites illégaux répertoriés à ce jour dans le département et la mise en place de comités de veille au niveau des sous-préfectures. Des visites régulières des sites nettoyés permettront également de contrôler leur état et de prévenir leur recolonisation.
La cinquième action porte sur l’évaluation et l’ajustement du dispositif. Une réunion mensuelle de bilan sera organisée chaque premier lundi du mois afin de mesurer l’impact des mesures prises, d’identifier les insuffisances et d’adapter la stratégie en fonction des résultats obtenus.
Enfin, le sixième axe concerne la réhabilitation et la valorisation des sites dégradés. Le comité entend plaider auprès de l’Etat et des partenaires techniques et financiers en vue du remblaiement et de la décontamination des sols. La valorisation des terres réhabilitées, notamment à travers le maraîchage et la pisciculture, est envisagée afin de créer des alternatives économiques durables pour les populations.
« La situation est grave. Il est urgent d’agir dès maintenant avec fermeté et méthode pour faire respecter la loi et préserver notre environnement », a déclaré M. Sanogo, appelant à une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés.
Le préfet a, pour sa part, insisté sur la nécessité de privilégier les résultats dans la mise en œuvre de ce plan d’actions. « Une action n’a de valeur que lorsqu’elle produit des résultats. Et quand ces résultats sont satisfaisants, nous pouvons en être fiers », a-t-il affirmé, avant de rappeler que la lutte contre l’orpaillage illégal engage l’ensemble des acteurs du département.
Selon Gonbagui Gueu Georges, l’orpaillage illégal, qui s’est progressivement installé en Côte d’Ivoire, ne constitue plus un simple manquement à la réglementation, mais représente désormais un problème « économique, social, environnemental et sécuritaire ».
Il a invité les directeurs et chefs de service à apporter leur pleine contribution à cette lutte, soulignant les risques encourus quotidiennement par les forces de défense et de sécurité engagées sur le terrain.
« Nos forces de l’ordre prennent des risques considérables sur le terrain pour lutter contre ce fléau. Si eux prennent tant de risques sur le front, que faisons-nous à notre niveau ? », a-t-il interrogé, exhortant les acteurs administratifs à faire preuve de sérieux et de rigueur dans l’accomplissement de leur mission.
« Certains s’imaginent qu’il suffit de disparaître trois mois des sites pour revenir ensuite, car ils nous savent laxistes. Il faut que cela cesse », a-t-il martelé, estimant que la fermeté et la constance dans l’application de la loi contribueront à changer les mentalités.
Le plan d’actions du CDLOI devra ainsi permettre de renforcer la synergie entre les services de l’Etat, les forces de défense et de sécurité et les populations, en vue d’éradiquer l’orpaillage illégal dans le département de Bouaflé à l’horizon de fin février 2027.
(AIP)
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