Abidjan, 26 oct 2026 (AIP) – Le gouvernement ivoirien veut accélérer le développement de l’aquaculture en misant sur la qualité des alevins, l’alimentation des poissons, l’accès au foncier et le financement, afin d’accroître la production nationale et limiter les importations.
L’annonce a été faite par le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, lundi 26 octobre 2026 à la 3e édition de « Les grands rendez-vous de l’AIP » portant sur le thème « Économie animale et économie bleue : quelles stratégies pour renforcer la souveraineté alimentaire, créer des richesses et accélérer la transformation des filières en Côte d’Ivoire ? ».
La disponibilité d’alevins de qualité constitue une condition essentielle à la hausse des rendements. L’installation en Côte d’Ivoire de l’institution internationale WorldFish doit faciliter l’accès au matériel génétique aquacole et renforcer les capacités de production, a déclaré le ministre.
WorldFish dispose notamment d’une souche de tilapia rouge appelée « Redfish», dont la mise à disposition des producteurs pourrait améliorer les rendements.
« Si vous n’avez pas des alevins de qualité, au final, si vous en achetez 100 000, vous ne pourrez en réalité sortir qu’à peine 30% », a souligné M. Touré, évoquant les pertes susceptibles de fragiliser la rentabilité des exploitations.
L’alimentation représente un autre défi. Le ministre a évoqué la réintégration d’une exonération destinée à faciliter la disponibilité des aliments pour poissons, ainsi que le renforcement de la recherche pour trouver des solutions adaptées aux réalités locales.
Le foncier demeure également un obstacle pour les promoteurs. Le ministère prévoit de travailler avec les autorités administratives et les collectivités territoriales afin de faciliter l’accès aux espaces nécessaires à l’installation et à l’extension des fermes aquacoles.
Sidi Touré a également cité la deuxième génération du Plan national de développement de l’aquaculture, couvrant la période 2026-2030, ainsi qu’une loi visant à encadrer la pêche et à harmoniser les pratiques ivoiriennes avec les règles sous-régionales et internationales.
Le financement figure parmi les autres axes de cette stratégie. Développée avec l’appui de la Banque mondiale, l’initiative AgriConnect devrait être opérationnelle début 2027, avec un accent sur l’accompagnement des petites exploitations agricoles et aquacoles.
Le ministre a par ailleurs annoncé la mobilisation de près de 70 milliards FCFA auprès de la Banque africaine de développement (BAD), dans le cadre du Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable (ProDeCAP). Inscrit dans le Programme de développement de l’économie bleue (PRODEB), il vise à renforcer les chaînes de valeur des deux secteurs.
Les études sont en cours, avec une perspective de mise à disposition des ressources à partir de 2027, notamment au bénéfice des jeunes souhaitant investir dans la production aquacole.
Un guichet unique a été mis en place au ministère pour faciliter l’accès aux dispositifs de soutien. Les porteurs de projets sont invités à se rapprocher des directions départementales afin de faire examiner les sites envisagés et d’évaluer la viabilité de leurs exploitations. Après l’étude technique, leurs besoins pourront être transmis par ce guichet, chargé de les orienter vers les financements disponibles.
(AIP)
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