Abidjan, 29 oct 2026 (AIP) – Le gouvernement entend mobiliser deux milliards de FCFA pour financer le projet pilote KITLANY, destiné à favoriser la réintégration socio-économique des migrants de retour et de jeunes issus des territoires concernés par les dynamiques migratoires, a indiqué le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana,
Il s’exprimait jeudi 29 octobre 2026, lors de la deuxième édition de la Conférence nationale sur la réintégration des migrants(CNRM) ouverte à l’auditorium du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Cette rencontre se tient autour du thème « Mobilisation coordonnée des ressources : accélérer les mécanismes de financement et les processus décisionnels pour une réintégration durable des migrants et le développement des territoires ».
Porté par la plateforme internationale Stay in Africa, le projet KITLANY est prévu sur une période de 18 à 24 mois. Son financement est estimé à trois millions d’euros, soit environ deux milliards de FCFA. Il ambitionne de faire du retour des migrants une opportunité de reconstruction personnelle, d’insertion professionnelle et de développement territorial.
Il prévoit d’accompagner 300 bénéficiaires, dont 200 migrants de retour et 100 jeunes issus des territoires concernés. Il repose notamment sur la formation pratique, l’accompagnement psychosocial, l’insertion professionnelle et le développement d’activités génératrices de revenus.
L’initiative entend s’appuyer sur des secteurs porteurs, notamment le tourisme durable, les loisirs et la mobilité verte, pour favoriser la création d’emplois et renforcer les économies locales.
Représentant le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, à la cérémonie d’ouverture, le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, a souligné la nécessité d’une réponse coordonnée aux défis liés à la migration.
« La migration ne doit plus être appréhendée sous le seul angle humanitaire, mais également comme un levier de développement territorial », a-t-il indiqué, appelant les partenaires techniques et financiers, les institutions financières, le secteur privé et les collectivités territoriales à contribuer à la mise en œuvre de cette initiative.
Selon lui, la réussite de cette démarche nécessite la mobilisation de ressources financières, de compétences techniques et de partenariats solides, afin de traduire les ambitions affichées en résultats concrets sur le terrain.
Pour sa part, le ministre délégué auprès du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les dispositifs d’accompagnement des migrants de retour.
Il a indiqué que cette deuxième édition doit permettre de franchir une nouvelle étape en mettant l’accent sur le financement des solutions concrètes et la coordination des interventions.
« Nous ne sommes pas réunis uniquement pour recueillir des déclarations de principe, mais pour favoriser des contributions concrètes, fondées sur une présentation claire des besoins et des modalités d’intervention », a-t-il déclaré.
Dosso a également appelé les ministères concernés, les partenaires au développement, le secteur privé et les collectivités territoriales à s’impliquer davantage dans cette dynamique. L’objectif est de mobiliser, au terme des travaux, des contributions représentant au moins 50 % du financement recherché pour le projet KITLANY et d’obtenir des engagements précis des différents partenaires.
Évoquant les conditions parfois difficiles dans lesquelles certains compatriotes regagnent la Côte d’Ivoire, le directeur de cabinet du ministre délégué, Bogui Blaise Marcel Aristide, a rappelé que derrière chaque parcours migratoire se trouvent des histoires humaines marquées par les épreuves, mais aussi par l’espoir d’un nouveau départ.
Le président de la plateforme internationale Stay in Africa, Koné Siaka, a défendu une approche de la réintégration centrée sur les besoins des bénéficiaires et les possibilités de développement des communautés d’accueil.
La rencontre réunit des représentants du gouvernement, du corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, des collectivités territoriales et des organisations de la société civile.
Un panel de haut niveau consacré à la gouvernance et à la coordination institutionnelle, animé par les ministres Siandou Fofana, Adama Dosso, Françoise Remarck et Mamadou Touré, a permis d’aborder les enjeux de la coordination des politiques publiques et du renforcement de la sensibilisation des potentiels candidats à l’immigration irrégulière.
Les travaux qui prennent fin vendredi doivent notamment permettre d’identifier des mécanismes de financement adaptés, de préciser les contributions des partenaires et de renforcer la coordination entre les institutions impliquées dans la réintégration des migrants.
(AIP)
tn/zaar

