Abidjan, 29 août 2026 (AIP)- Le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) appelle à établir une distinction claire entre l’orpaillage clandestin, qu’il condamne fermement, et l’exploitation artisanale et semi-industrielle de l’or exercée dans un cadre légal, estimant que cette dernière constitue une opportunité économique pour les populations et l’État.
« Le GRAMCI est contre l’orpaillage clandestin », a réaffirmé son porte-parole, Manlan Eugène, vendredi 28 août 2026 à Abidjan, dans une déclaration consacrée à la lutte contre l’exploitation illégale de l’or en Côte d’Ivoire.
Pour le groupement, l’exploitation aurifère menée en dehors de toute autorisation et de tout contrôle constitue une menace pour l’environnement, les terres agricoles, les ressources en eau, la sécurité des populations ainsi que les intérêts économiques du pays.
M.Manlan a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas assimiler l’ensemble des activités d’orpaillage à la pratique clandestine. Il a ainsi distingué « l’orpaillage clandestin qui échappe à la réglementation, détruit les ressources naturelles et alimente des circuits informels » de « l’orpaillage légal qui s’exerce dans un cadre autorisé, permet l’identification des opérateurs, favorise la traçabilité de la production et offre à l’État et aux communautés la possibilité de bénéficier des retombées économiques de cette activité ».
Cette formalisation, selon le GRAMCI, permettrait également d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la sécurité des exploitants, de faciliter l’accès au financement et de favoriser la réhabilitation des terres après exploitation.
Le groupement encourage, à cet égard, la professionnalisation des acteurs à travers la création de coopératives et leur accompagnement dans l’accès aux autorisations d’exploitation, à la formation, au financement et aux circuits officiels de commercialisation de l’or.
« Le passage de l’informel au formel doit être considéré non comme une contrainte, mais comme une opportunité de transformation économique du secteur », estime le GRAMCI, rappelant que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle fait vivre directement ou indirectement près d’un demi-million de personnes en Côte d’Ivoire.
Le porte-parole a également salué les efforts engagés par les pouvoirs publics pour combattre l’orpaillage clandestin et favoriser la formalisation du secteur.
Selon le bilan présenté lors de la réunion du Conseil national de sécurité (CNS) du 23 juillet 2026, plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis entre 2021 et le premier semestre 2026, tandis que 4 474 individus ont été déférés et plus de 960 millions de FCFA ainsi qu’environ 136 kilogrammes d’or saisis.
Le GRAMCI relève que ces opérations de répression doivent cependant être accompagnées d’une politique volontariste de formalisation et de professionnalisation afin d’éviter la création d’un vide économique après le démantèlement des sites clandestins.
(AIP)
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