Tiébissou, 30 août 2026 (AIP) – La secrétaire générale de la préfecture de Tiébissou, Mel Marcelle, a appelé, mercredi 26 août 2026, les populations à une responsabilité individuelle et collective dans la lutte contre l’orpaillage illégal, afin de préserver l’avenir socio-économique, environnemental et sanitaire du pays.
Représentant le préfet du département, Gouassiro Ernest Mathieu, la secrétaire général s’exprimait lors d’une réunion de concertation avec les différentes composantes de la population et les directeurs régionaux des Mines et de l’Environnement, consacrée à la lutte contre cette activité clandestine.
« Par rapport aux énormes conséquences socio-économiques et sanitaires que la Côte d’Ivoire et ses habitants vont endurer pendant plusieurs décennies, l’argent que vous recevez pour accompagner ou participer à l’orpaillage illégal est minime ou insignifiant », a-t-elle déclaré.
Elle a dénoncé la pollution des cours d’eau par le mercure et le cyanure utilisés dans certaines opérations clandestines, ainsi que les risques sanitaires qui en découlent. « Nous ne savons pas quand ces eaux polluées seront reconstituées afin que nous puissions les boire sans mercure et sans cyanure », s’est-elle inquiétée, évoquant également les risques de contamination des produits halieutiques.
La secrétaire générale de préfecture a par ailleurs relevé les dangers liés aux excavations laissées après l’exploitation des sites aurifères clandestins. Ces trous, a-t-elle expliqué, constituent des pièges pour les hommes et les animaux, notamment les enfants, tout en contribuant à la dégradation des terres agricoles et à l’insécurité alimentaire.
« Évitons de compromettre l’avenir de notre pays pour de l’argent », a-t-elle lancé, invitant les populations à signaler les activités d’orpaillage illégal et à proposer des solutions.
« Les portes de la préfecture vous sont ouvertes pour les dénonciations et les propositions de lutte contre ce fléau qui est national. C’est une question de survie et de responsabilité individuelle et collective », a-t-elle ajouté.
Cette réunion, organisée conformément à des instructions gouvernementales contenues dans un télégramme officiel du 17 août 2026, visait notamment à faire l’état des lieux de l’orpaillage illégal, identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et formuler des recommandations à transmettre au gouvernement en vue du renforcement du dispositif de lutte.
Le directeur régional des Mines de Yamoussoukro, Dabah Innocent, a présenté une cartographie montrant l’étendue du phénomène à l’échelle nationale et ses principales conséquences. Dans le département de Tiébissou, le village d’Aman-Salékro, dans la sous-préfecture de Molonou, figure parmi les localités confrontées au développement de cette activité.
Le directeur régional de l’Environnement du Bélier, le colonel Tissé Tokpa, a plaidé pour la restauration des espaces dégradés, tandis que les participants ont formulé plusieurs propositions pour renforcer la lutte contre l’orpaillage illégal.
(AIP)
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