Yamoussoukro, 27 juil 2026 (AIP) – À seulement quelques années de carrière active sur les réseaux sociaux, Ouattara Minlehe Ghislain, plus connu sous le pseudonyme de Le Rayder, s’est imposé comme l’une des figures majeures du web-humour ivoirien.
Fort d’une communauté de près de 2,6 millions d’abonnés sur les principales plateformes numériques, le jeune créateur de contenus appelle désormais les pouvoirs publics à accompagner davantage le secteur, notamment à travers la monétisation des productions numériques en Côte d’Ivoire.
Étudiant en informatique, option Sciences du numérique, Le Rayder affirme avoir choisi la création de contenus « par passion ». Une vocation née dès l’enfance, lorsqu’il réalisait avec son frère de courtes vidéos humoristiques à l’aide d’un smartphone. « Nous nous amusions à faire des vidéos où l’on se faisait disparaître grâce à un effet spécial très simple. C’est de là qu’est née cette passion », raconte-t-il.
L’aventure débute véritablement en 2015 avec des vidéos tournées entre amis dans son quartier. Après une interruption consacrée à ses études jusqu’à l’obtention du baccalauréat, en 2019, il reprend la production de contenus avec davantage d’ambition.
La vidéo « GARBA 1 », premier épisode d’une série de douze, marque un tournant dans sa carrière en lui offrant une visibilité nationale. Depuis, il a enchaîné les succès avec plusieurs web-séries, notamment Lapouass, Le Voleur et Scofield, tout en développant un style reconnaissable grâce à l’utilisation d’effets spéciaux intégrés à ses sketchs.
« Ce qui me distingue des autres créateurs de contenus, c’est ma capacité à intégrer des effets spéciaux dans mes vidéos comiques », explique-t-il. Une signature visuelle qui, selon lui, rend ses productions aussi captivantes sur le plan esthétique que divertissantes.
Aujourd’hui, ses différentes plateformes totalisent environ 2,6 millions d’abonnés, dont 1,3 million sur TikTok, 913 000 sur Facebook, 75 000 sur YouTube et 63 000 sur Instagram. L’un de ses contenus a enregistré jusqu’à 134 millions de vues, un record qui fait de lui le premier web-comédien ivoirien à atteindre une telle audience avec une seule vidéo.
Pour autant, Le Rayder rejette l’idée selon laquelle la création de contenus serait une activité facile. Derrière chaque publication, souligne-t-il, se cachent un travail d’écriture, de réflexion et de mise en scène.
« Les gens pensent parfois que c’est la voie de la facilité. Pourtant, avant chaque vidéo, il faut réfléchir, écrire un scénario et trouver la meilleure façon de faire rire. Il faut être créatif et intelligent pour raconter des histoires qui plaisent pendant des années », confie-t-il.
S’il reconnaît que les partenariats commerciaux lui permettent aujourd’hui de vivre de son métier, il estime que les revenus restent en deçà des efforts consentis par les créateurs de contenus.
C’est pourquoi il appelle les autorités ivoiriennes à renforcer leur accompagnement du secteur numérique.
« L’État peut soutenir notre mouvement en favorisant la monétisation des contenus sur toute l’étendue du territoire. Le ministère de la Culture peut également nous aider à faciliter les voyages et à développer les collaborations internationales », plaide-t-il.
Pour ce créateur, la reconnaissance institutionnelle du métier constituerait un levier de développement pour toute une génération d’entrepreneurs du numérique.
Spécialisé dans les faits de société et la comédie, Le Rayder entend poursuivre son évolution artistique. Il travaille actuellement sur un court métrage et nourrit une ambition plus vaste : créer une structure cinématographique en Côte d’Ivoire.
À travers son parcours, le jeune web-humoriste illustre l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs qui voient dans les plateformes numériques un espace d’expression, d’innovation et d’entrepreneuriat, tout en appelant à un cadre plus favorable au développement de l’économie créative numérique ivoirienne.
(AIP)
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