Abidjan, 30 oct 2026 (AIP) – À travers « Atlas de la cybersécurité en Afrique », l’expert ivoirien Cyprien Ekra propose une analyse comparative des dispositifs de protection numérique de dix États africains. Une initiative éditoriale ambitieuse qui entend contribuer à une meilleure compréhension des enjeux de cybersécurité et de souveraineté numérique sur le continent.
À l’heure où la transformation numérique s’accélère en Afrique, la question de la protection des données, des infrastructures stratégiques et des systèmes d’information devient un enjeu majeur pour les États et les organisations. C’est dans ce contexte que s’inscrit la publication prochaine de l’ouvrage Atlas de la cybersécurité en Afrique, du spécialiste ivoirien Cyprien Ekra, dont le premier tome est consacré aux pays africains présentant une maturité relativement avancée en matière de cybersécurité.
Intitulé « Pays africains à maturité avancée en cybersécurité », avec pour sous-titre « Législation, souveraineté et protection du cyberespace africain », cet ouvrage ambitionne de dépasser les discours institutionnels pour examiner les capacités réelles des États à prévenir les cyberattaques, à détecter les menaces et à apporter des réponses appropriées aux incidents numériques.
Le premier tome passe ainsi au crible dix pays : l’Algérie, le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’île Maurice, le Maroc, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie. L’analyse porte notamment sur leur exposition aux risques cybernétiques, leurs cadres juridiques, leurs architectures institutionnelles, leurs capacités opérationnelles, leur souveraineté technologique ainsi que leur capital humain et leur prise en compte des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
Loin de présenter ces dix États comme des modèles de sécurité absolue, l’auteur entend mettre en évidence les différences entre les dispositifs officiellement mis en place et leur efficacité sur le terrain. Une distinction essentielle dans un environnement où l’existence d’une législation, d’une agence spécialisée ou d’un centre de réponse aux incidents ne garantit pas nécessairement une protection opérationnelle suffisante.
Une ambition panafricaine fondée sur la connaissance et la comparaison
L’originalité de cette initiative réside également dans son ambition continentale. Le projet éditorial couvre 29 pays, répartis en trois catégories selon leur niveau de structuration : les pays avancés, les pays en transition et les pays en construction. Le premier tome constitue ainsi la première étape d’une collection appelée à s’élargir avec deux autres volumes.
La genèse de cette initiative remonte à mars 2023, à la suite d’un webinaire consacré aux cybermenaces en Afrique de l’Ouest, organisé et animé par Cyprien Ekra avec Nizar Derdabi, enseignant à l’École de Guerre économique.
Cette rencontre, qui avait réuni plus de 100 experts et professionnels africains, a fait émerger une interrogation fondamentale : comment éclairer les décisions publiques et privées en matière de cybersécurité sans disposer d’un outil africain suffisamment structuré pour apprécier la maturité des cyberespaces nationaux ?
De cette réflexion est née l’idée de constituer une documentation de référence, permettant de rassembler et de confronter les informations relatives aux lois, aux institutions, aux compétences et aux capacités opérationnelles des différents pays.
La démarche méthodologique s’appuie sur une recherche documentaire approfondie et sur l’architecture de l’Afro Cyber & IA Index (ACAI Index), un dispositif que l’auteur souhaite développer à terme pour favoriser une appréciation comparative et indépendante des cyberespaces africains.

Une œuvre collective nourrie par l’expertise africaine
Si l’ouvrage porte la signature de Cyprien Ekra, sa réalisation s’est également nourrie de contributions extérieures. Neuf personnalités, préface comprise, apportent des éclairages complémentaires sur les différentes dimensions de la cybersécurité.
Parmi elles figurent Inssata Diomandé-Ricourt, qui signe la préface, Cyrille Koffi, Marius Oupoh, Vladimir Aman, Françoise Ekollo, Yacin Djibril Waberi, Ramesh Pavadépo ulle, Amadou Tidiane Diawara et Famo Youla, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de Guinée.
À ces contributions s’ajoute le travail de plus de 25 experts et professionnels africains qui ont procédé à la relecture des chapitres nationaux, avec au moins deux regards par pays et jusqu’à cinq dans certains cas. Cette pluralité de regards vise à confronter les données documentaires aux réalités nationales, tout en préservant la responsabilité scientifique et éditoriale de l’auteur sur les analyses et les appréciations proposées.
Un auteur entre expertise technologique et réflexion stratégique
Entrepreneur, dirigeant et expert-praticien en cybersécurité et gouvernance numérique, Cyprien Ekra est le fondateur et directeur général d’Afro Data Security Group (ADSG). Fort de plus de quinze années d’expérience dans les technologies et la cybersécurité, il a accompagné des acteurs publics et privés dans leurs problématiques de gouvernance, de protection des systèmes d’information et de résilience numérique.
Titulaire d’un MBA en cybersécurité et gouvernance des systèmes d’information de l’École de Guerre économique de Paris et ancien élève de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), il défend une vision de la cybersécurité qui ne saurait être confinée aux seuls spécialistes informatiques. Pour lui, elle doit désormais constituer une véritable capacité de décision, de protection et de souveraineté pour les États africains.
Un ouvrage destiné aux décideurs et aux professionnels
Conçu comme un outil de lecture stratégique plutôt qu’un manuel technique, Atlas de la cybersécurité en Afrique s’adresse notamment aux responsables publics, ministres, régulateurs, dirigeants d’organisations critiques, directeurs des systèmes d’information, investisseurs, diplomates, chercheurs, enseignants et étudiants.
À travers cette publication, Cyprien Ekra entend contribuer à une réflexion plus approfondie sur les investissements nécessaires, le renforcement des compétences locales et la capacité des États africains à maîtriser leur environnement numérique.
Prévu pour décembre 2026, cette offre comprend notamment la version audio intégrale, un ouvrage bonus intitulé « Vie & discipline numérique » ainsi qu’un accès à une bibliothèque documentaire numérique classée par pays.
Au-delà de sa dimension éditoriale, cet atlas pose une question fondamentale pour l’avenir numérique du continent : l’Afrique, qui a considérablement accéléré sa transformation digitale, dispose-t-elle des moyens institutionnels, humains et technologiques nécessaires pour protéger durablement son cyberespace ?.
(AIP)
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