Bouaflé, 02 sept 2026 (AIP)–L’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) entend renforcer le suivi écologique du Parc national de la Marahoué, à travers la validation d’un protocole adapté aux réalités de cette aire protégée fortement dégradée afin de disposer de données fiables pour orienter les décisions de gestion et soutenir sa restauration.
Réunis à l’occasion d’un atelier de validation, des agents de l’OIPR et des enseignants-chercheurs ont examiné le projet de protocole destiné à harmoniser les méthodes de collecte et d’analyse des données écologiques dans le parc.
Selon le responsable du service Suivi écologique à la direction de la Gestion de la Zone Centre de l’OIPR, le commandant Gondo Eric, ce protocole constitue un « guide » qui définit les méthodologies et stratégies nécessaires à la conduite cohérente et efficace du suivi écologique.
L’activité s’articule autour de quatre principaux axes, à savoir la faune, le couvert végétal, les facteurs abiotiques, notamment la température et la pluviométrie, ainsi que les études spécifiques liées aux particularités de chaque aire protégée.
« Le suivi écologique constitue donc un véritable outil d’aide à la décision qui permet d’orienter la gestion d’une aire protégée », a expliqué le commandant Gondo, soulignant la nécessité d’adapter le dispositif aux spécificités du Parc national de la Marahoué.
Pour le directeur de la zone Centre de l’OIPR, le colonel Kouadio Rémi, le suivi écologique est « le baromètre » de l’état de santé d’une aire protégée. Il permettra notamment de mieux connaître les écosystèmes présents dans la partie du parc actuellement sauvegardée, d’en évaluer l’état et d’utiliser les résultats obtenus pour orienter les actions de conservation.
L’OIPR ambitionne ainsi de préserver en priorité une zone d’environ 30 000 hectares, avant d’étendre progressivement les efforts de restauration aux autres secteurs du parc, a souligné le colonel Kouadio.
Le représentant du directeur général de l’OIPR, le colonel Amara Ouattara, chargé des études à la direction technique, a insisté sur le caractère transversal du suivi écologique qui permet d’évaluer les effets de l’ensemble des interventions conduites dans les aires protégées.
Il a également relevé l’importance de l’implication des chercheurs dans ce processus, les données collectées pouvant, après analyse et consolidation scientifique, contribuer à une meilleure connaissance et à une évaluation plus pertinente des sites.
Classé parmi les trois plus importantes aires protégées de Côte d’Ivoire avec les parcs nationaux de la Comoé et de Taï, le Parc national de la Marahoué présente une forte particularité écologique en raison de sa position dans une zone de transition entre forêt et savane. Il abrite ainsi des espèces caractéristiques de ces deux grands milieux.

Malgré les agressions et occupations humaines qui ont fortement affecté son intégrité, l’OIPR se veut optimiste quant à la capacité du parc à retrouver progressivement sa richesse biologique d’origine.
Depuis 2018, l’Office indique avoir récupéré près du tiers de l’aire protégée occupée par les populations. La poursuite de cette reconquête, soutenue par des partenaires techniques et financiers, doit permettre de libérer progressivement les espaces occupés et de favoriser la recolonisation du parc par la faune et la flore.
L’OIPR reconnaît toutefois que la mise en œuvre de cette entreprise nécessite des moyens substantiels. Si les ressources humaines et les compétences techniques requises sont disponibles, les besoins en matière de financement et d’équipements demeurent néanmoins importants pour garantir l’application effective du protocole ainsi que la réalisation des missions de terrain dans des conditions adéquates.
L’atelier devrait ainsi déboucher sur un document scientifique et technique consensuel, destiné à encadrer durablement la collecte, la validation et l’analyse des données écologiques du Parc national de la Marahoué, au service de sa conservation et de sa restauration.
(AIP)
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