Abidjan, 13 oct 2026 (AIP) – Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Patrick Achi, a lancé lundi 12 octobre 2026 à Abidjan, un programme de formation des parlementaires à l’intelligence artificielle (IA), destiné à renforcer leurs capacités d’analyse, à améliorer le travail législatif et à optimiser le contrôle de l’action gouvernementale.
Cette initiative prévoit deux sessions, du 13 au 15 octobre puis du 19 au 21 octobre. Les formations portent notamment sur la formulation des requêtes, la recherche documentaire, la synthèse de l’information et les applications pratiques de l’IA dans l’exercice du mandat parlementaire.
Pour Patrick Achi, ces technologies peuvent faciliter l’examen des projets de loi, l’analyse des données budgétaires, la préparation des auditions et la comparaison des expériences internationales. Il a toutefois appelé les élus à conserver leur esprit critique et à assumer pleinement leurs responsabilités dans l’utilisation de ces outils.
« Elle peut proposer, rechercher, classer et calculer. Mais elle ne vote pas. Elle ne porte pas la voix d’une circonscription », a-t-il souligné, rappelant que l’intelligence artificielle doit rester un instrument d’aide à la décision, sans se substituer au jugement humain.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a présenté la feuille de route numérique 2026-2028, alignée sur le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Ce programme comprend 440 projets structurants répartis entre six piliers, visant notamment la modernisation de l’administration, l’amélioration de la connectivité, le renforcement de la cybersécurité et le développement des compétences numériques.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de développer une intelligence artificielle adaptée aux réalités ivoiriennes, fondée sur des données maîtrisées, sécurisées et protégées. La stratégie prévoit la formation de plus de 2 000 décideurs publics à ces technologies d’ici à fin 2027.
L’ancienne ministre marocaine de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Ghita Mezzour, a partagé l’expérience de son pays dans l’intégration des nouvelles technologies aux services publics. Elle a notamment évoqué leur potentiel dans l’éducation, la santé et l’agriculture, tout en mettant en garde contre les erreurs produites par les systèmes d’IA, les biais, la désinformation et les risques pesant sur les données personnelles.
La rencontre a également donné lieu à une démonstration du spécialiste en intelligence artificielle Isaac Bayoh, consacrée aux échanges avec des assistants conversationnels en langues locales. Le dispositif présenté permet aux utilisateurs d’interagir sur WhatsApp, par écrit ou par messages vocaux, et d’obtenir des réponses en langue locale, notamment en baoulé et en malinké .
Selon son concepteur, la solution repose sur une base de plus de 50 000 phrases collectées, annotées et validées, ainsi que sur environ 17 000 heures de paroles en langues locales. Elle vise à faciliter l’accès aux outils numériques pour les personnes ne maîtrisant pas nécessairement le français et à réduire les barrières linguistiques.
(AIP)
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