San Pedro, 14 août 2025 (AIP) – Une enquête publique a été ouverte le mardi 12 août 2025 à San Pedro, relativement à l’étude d’impact environnementale et sociale approfondie en cours, préalable au démarrage des activités d’aménagement de l’agro-forêt de la Haute Dodo dans le cadre du Projet d’investissement forestier phase 2 (PIF2).
L’enquête a été lancée lors d’une réunion au cours de laquelle le rapport provisoire de l’étude, réalisée par le cabinet LABEX/GEST Sarl, a été présenté aux parties prenantes, en présence des sous-préfets de San Pedro, Koné Soumaïla, de Dogbo, Konan Jean-Baptiste, et de Grand-Bereby, Mme Siény Marie-Laure l Tia.
Cette enquête publique vise à recueillir les préoccupations, oppositions et observations éventuelles des communautés locales riveraines sur les résultats de l’étude, notamment les impacts identifiés et les mesures d’atténuation proposées. À cet effet, deux commissaires enquêteurs ont été désignés pour les sous-préfectures de Grand-Bereby et Dogbo afin de recevoir les populations pendant un délai de dix jours à compter du lancement de l’enquête.
Le plan d’aménagement de l’agro-forêt de la Haute Dodo prévoit des activités d’agroforesterie et de reboisement, la production de pépinières d’essences par les populations locales, ainsi que le transport, la plantation et l’entretien des plants. Des travaux connexes sont également prévus, notamment l’ouverture ou la réhabilitation de 604 km de pistes forestières, ainsi que la construction et la réhabilitation d’infrastructures de base.
Selon Bénié Lucien, spécialiste en sauvegarde environnementale du projet PIF2, les activités étant champêtres, la plupart des impacts seront d’ordre sanitaire et sécuritaire, avec des risques de blessures et d’accidents. Sur le plan environnemental, des impacts sur le sol et la faune sont à craindre. Sur le plan social, des oppositions pourraient survenir, ainsi que des situations de violence basée sur le genre (VBG) et des cas de harcèlement sexuel liés à la présence de travailleurs sur le terrain.
Le représentant du directeur de l’Agence nationale de l’environnement, Amalaman Sylvain, ainsi que les autorités préfectorales, ont exhorté les communautés locales et les autres parties prenantes à adhérer pleinement au projet et à œuvrer pour l’atteinte des objectifs.
Coordonné par la Société de développement des forêts (SODEFOR), le PIF2 vise à conserver et à accroître le stock forestier existant, tout en améliorant l’accès aux sources de revenus issues de la gestion forestière. Cofinancé par la Banque mondiale et l’État ivoirien, le projet couvre la période allant de février 2022 à février 2029. Il couvre dix régions et prend en compte 19 forêts classées, dont 16 situées dans les zones centre et nord, ainsi que trois agro-forêts dans le sud-ouest, dont la Haute Dodo.

D’une superficie de 174 415 hectares, selon l’arrêté de création du 30 juin 1973, cette forêt, située dans la région de San Pedro, est aujourd’hui dégradée à plus de 75 % en raison des activités anthropiques telles que les plantations agricoles.
(AIP)
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