Duékoué, 14 juin 2026 (AIP) – Les populations de Lokosso, village situé à une quinzaine de kilomètres de Duékoué, ont été invitées à s’engager activement dans la lutte contre l’orpaillage clandestin afin de préserver leur environnement, leur santé et leurs moyens de subsistance, lors d’une séance de sensibilisation organisée jeudi 11 juin 2026 dans le cadre de la Quinzaine nationale de l’environnement et du climat (QNEC).
Placée sous le thème « Lutte contre l’orpaillage clandestin, les pollutions de l’eau et de l’air : un engagement citoyen pour un environnement sain et durable », cette activité a réuni le sous-préfet central de Duékoué, les représentants des directions régionales de l’Environnement, des Eaux et Forêts, de la Santé et des Mines, ainsi que les chefs coutumiers, les associations de jeunes, les groupements de femmes et les habitants du village.
Au cours des échanges, les populations ont été sensibilisées sur les conséquences environnementales, sanitaires et socio-économiques de l’exploitation illégale de l’or, mais également sur le rôle déterminant qu’elles peuvent jouer dans la prévention et la dénonciation de ces pratiques.
Représentant le directeur régional des Eaux et Forêts, le lieutenant-colonel Loua Jean-Pasch Roméo a exhorté les habitants à devenir les premiers défenseurs de leur cadre de vie en signalant aux autorités compétentes toute activité portant atteinte aux ressources naturelles.
« Protéger les rivières, les marigots et les points d’eau, préserver les arbres et participer au reboisement des espaces dégradés constituent des actes citoyens essentiels pour préserver l’avenir des générations futures », a-t-il souligné.
L’officier des Eaux et Forêts a mis en garde contre les effets dévastateurs de l’orpaillage clandestin, notamment la destruction du couvert forestier, la dégradation des sols agricoles et la contamination des cours d’eau et des nappes phréatiques par des substances toxiques telles que le mercure et le cyanure.
« Derrière chaque rivière polluée, des familles entières sont exposées à des maladies graves. Derrière chaque forêt détruite, ce sont des exploitations agricoles compromises et des revenus perdus. Derrière chaque terre dégradée, c’est l’avenir des enfants et des petits-enfants qui est menacé », a-t-il averti.
Intervenant à son tour, le représentant de la direction régionale des Mines et de la Géologie, Stéphane Illa Tapé, a présenté les principaux facteurs favorisant l’orpaillage clandestin, notamment l’importante richesse minière du pays, la hausse du prix de l’or et la recherche de gains rapides.
Il a rappelé que l’État ivoirien dispose d’un dispositif juridique encadrant l’exploitation minière à travers le Code minier et plusieurs textes réglementaires définissant les conditions d’attribution des titres et autorisations minières.
Selon lui, la connaissance et le respect de ces dispositions constituent des leviers importants pour lutter efficacement contre les activités illégales dans le secteur extractif.
Pour sa part, le représentant de la direction régionale de la Santé, Ouattara Alassane, a attiré l’attention des participants sur les risques sanitaires liés à l’utilisation incontrôlée de produits chimiques dans les activités d’orpaillage, soulignant leurs effets nocifs sur les populations et l’environnement.
Au terme de la rencontre, les responsables coutumiers, les associations de jeunes et les groupements de femmes de Lokosso ont pris l’engagement de relayer les messages de sensibilisation au sein de leurs communautés et de contribuer à la surveillance citoyenne contre les pratiques d’orpaillage clandestin.
Cette activité s’inscrit dans la dynamique de la QNEC 2026 visant à renforcer l’implication des populations dans la protection de l’environnement et la promotion d’un développement durable.
(AIP)
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