Korhogo, 13 sept 2026 (AIP)- Les femmes attendent en moyenne 88 minutes avant leur prise en charge dans les structures sanitaires de Korhogo, contre 80 minutes à Boundiali, selon les résultats d’une enquête présentés vendredi 11 septembre 2026 à Korhogo, lors d’un atelier de restitution du rapport d’étude du Projet de développement durable et inclusif des villes secondaires (PDDIVS).
L’étude, réalisée dans huit communes bénéficiaires du projet, vise à établir une situation de référence sur le temps d’attente des femmes pour les soins de santé maternelle et infantile, l’utilisation des services, l’organisation des établissements sanitaires ainsi que les facteurs susceptibles d’influencer la qualité de la prise en charge.
Avec 88 minutes d’attente moyenne dans les 10 centres de santé enquêtés, Korhogo affiche le délai le plus élevé. La vaccination constitue le principal point d’attention dans la commune, avec un niveau de priorité jugé élevé. Boundiali arrive en deuxième position avec 80 minutes d’attente moyenne dans trois centres de santé enquêtés. La vaccination y apparaît également comme le principal domaine nécessitant une attention particulière.
Les autres communes présentent des délais nettement moins importants. Man enregistre une moyenne de 38 minutes dans sept centres, avec les consultations prénatales (CPN) comme principal point d’attention, tandis que Ferkessédougou affiche 37 minutes dans sept centres, avec également une attention portée aux CPN.À Bouna, le temps d’attente moyen est de 33 minutes dans sept centres, les consultations postnatales (CPON) constituant le principal point d’attention.
Les délais les plus faibles sont relevés à Odienné, Ouangolodougou et Tengréla. Odienné affiche 19 minutes dans cinq centres, avec les CPON comme principal point d’attention. Ouangolodougou et Tengréla enregistrent chacune 17 minutes, avec respectivement la vaccination et les CPN comme domaines prioritaires.
Le spécialiste en suivi et évaluation du PDDIVS, Simplice Tra Bi, a indiqué que cette enquête constitue une donnée de référence destinée à mesurer les effets des interventions du projet dans le secteur de la santé. Selon lui, le projet prévoit la construction, la réhabilitation et l’équipement de centres de santé dans les communes bénéficiaires, avec pour objectif d’améliorer l’accès aux services sociaux de base et de contribuer à réduire les délais de prise en charge des femmes.
« L’idée, c’est que le projet a pour ambition de réduire le temps d’attente des femmes qui sollicitent les soins de santé maternelle », a expliqué M. Tra Bi. Il a également relevé que l’indicateur relatif au temps d’attente des femmes pour les soins de santé maternelle n’était pas encore suffisamment renseigné au niveau du programme national, faisant de cette étude une première base de référence pour apprécier les progrès réalisés.
Pour le directeur départemental de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle de Korhogo 1, le médecin de santé publique Niamien Nyangon-Denis, l’étude constitue une opportunité d’identifier les facteurs qui ralentissent la prise en charge des patients.
« Il faut regarder de près les facteurs qui favorisent ces attentes-là et essayer d’agir sur ces différents facteurs », a-t-il déclaré, citant notamment le nombre de patients reçus en consultation, l’organisation des services et la disponibilité des ressources humaines. Selon lui, l’analyse de ces éléments devrait permettre aux responsables sanitaires d’améliorer l’organisation des prestations et de réduire progressivement le temps d’attente dans les structures de santé.
Les investissements prévus dans les infrastructures, les équipements et les services devraient ainsi permettre d’améliorer les conditions d’accueil, le plateau technique et, plus largement, la qualité de la prise en charge. L’étude invite toutefois à agir également sur l’organisation interne des structures sanitaires, la gestion des flux de patientes, la répartition des ressources humaines et la fréquentation des différents services.
L’atelier de restitution a réuni les acteurs concernés autour des résultats de l’enquête, avec pour objectif d’identifier des pistes d’amélioration de l’accès et de la qualité des soins maternels et infantiles dans les huit communes couvertes par le PDDIVS.
(AIP)
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