Abidjan, 1er nov 2026 (AIP) – Le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a contribué au retrait de la Côte d’Ivoire de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), grâce au renforcement des enquêtes et des poursuites judiciaires, à une meilleure exploitation du renseignement financier et au développement de la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Inscrite sur la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée depuis le 25 octobre 2024, la Côte d’Ivoire en a été retirée vendredi 30 octobre 2026, à l’issue de la réunion plénière du GAFI, tenue à Paris du 26 au 30 octobre. Cette décision fait suite à la mise en œuvre des mesures prévues dans le plan d’action soumis au pays.
Selon le communiqué officiel du GAFI, ce retrait consacre les progrès significatifs réalisés par la Côte d’Ivoire dans la correction des défaillances stratégiques relevées lors de son inscription sur cette liste. Parmi les avancées enregistrées figure notamment l’intensification des enquêtes et des poursuites liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, en adéquation avec le profil de risque national.
Dans ce processus, le PPEF, juridiction spécialisée placée sous la tutelle du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a renforcé son action dans la répression de la criminalité économique et financière. Sous l’impulsion de sa présidente, Esso Blanche, et du procureur national financier, Aboya Jean-Claude, cette institution a intensifié en deux ans le traitement judiciaire des infractions financières.
Cette dynamique a notamment été soutenue par l’opérationnalisation de l’Unité spécialisée de police et de gendarmerie (USPG), qui a renforcé les capacités d’investigation et amélioré la coordination entre les différents acteurs de la chaîne pénale.
Pour conduire ses enquêtes, le PPEF s’est également appuyé sur les renseignements financiers transmis par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), dont il constitue un destinataire privilégié. L’exploitation de ces informations a permis de mieux détecter les circuits financiers suspects et de consolider les éléments nécessaires à l’engagement des poursuites judiciaires.
La juridiction a, par ailleurs, bénéficié d’un accès direct au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) ainsi qu’au registre des bénéficiaires effectifs. Ces instruments facilitent l’identification des véritables détenteurs des sociétés et permettent de mieux déceler les montages financiers opaques faisant intervenir des entreprises fictives ou écrans, susceptibles de servir à dissimuler l’origine de fonds illicites.
Le renforcement de la coopération judiciaire internationale constitue un autre volet de l’action du PPEF. Dans les affaires à ramifications transnationales, la juridiction a développé des échanges avec plusieurs partenaires étrangers, aussi bien dans le cadre de mécanismes formels qu’informels. Cette coopération a notamment concerné la Colombie et l’Italie dans des dossiers liés au trafic de drogue, ainsi que les États-Unis dans le cadre de la lutte contre la sextorsion.
(AIP)
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