Tiébissou, 12 août 2026 (AIP) – Le commissaire général du Tchindan Festival, Ousmane Gbané, a expliqué les objectifs des deux innovations introduites à la 10ᵉ édition de cette manifestation culturelle consacrée à la valorisation du pagne tissé de la tribu Gbomi, à savoir les « rues musées » et le « Tchindan Bakan ».
Le festival s’est déroulé du 6 au 9 août 2026 à Gbomi-Zambo et Gbomi-Kondéyaokro, deux villages jumelés situés à quatre kilomètres de Tiébissou, dans la région du Bélier.
Selon M. Gbané, fils de la tribu Gbomi et l’un des fondateurs du festival, les « rues musées » visent principalement à préserver les anciens motifs de pagnes tissés, dont certains ont disparu ou sont devenus rares.
« Il s’agit premièrement de préserver et de pérenniser des motifs de pagnes qui font partie de notre patrimoine et qui, malheureusement, ont disparu ou ont pratiquement disparu des métiers actuels », a-t-il expliqué.
Le directeur général de l’Office ivoirien des sports (ONS) a également indiqué que ces rues devraient renforcer l’attractivité touristique des deux villages, réputés pour leur savoir-faire en matière de tissage.
« Les touristes viennent voir les pagnes tissés. S’ils sont aussi capables de venir voir des rues pavées ou des murs ornés de motifs de pagnes, c’est une spécificité qu’on ne trouvera nulle part ailleurs », a-t-il souligné.
Le projet devrait aussi générer des ressources au profit des populations locales, grâce notamment au parrainage des façades peintes par des entreprises. « Chaque entreprise, pour une façade, va offrir entre cinq et six millions de FCFA », a précisé M. Gbané, ajoutant qu’une partie de ces ressources servira au développement des villages.
La deuxième innovation, le « Tchindan Bakan », est un espace dédié aux enfants, avec des activités de dessin et des moments récréatifs autour de la mascotte du festival. Cette initiative vise à favoriser l’appropriation du festival par les jeunes générations et à assurer la transmission de son histoire.
« Nous voulons que ces adultes de demain puissent s’approprier le festival, contribuer à le perpétuer et raconter son histoire », a déclaré le commissaire général.
Placée sous le thème « Sociétés militaires traditionnelles et tenues en Afrique », cette 10ᵉ édition a également été marquée par des concours culinaires et de la princesse Tchindan, des démonstrations de walé, de tramage et d’ourdissage, ainsi que le concours du plus beau pagne tissé.
(AIP)
myk/cmas

