Tanda, 02 nov 2026 (AIP) – Le médecin-chef de l’hôpital général de Tanda, le gynécologue Seydou Sermé, a appelé les femmes du département à faire du dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus un réflexe tout au long de l’année, au-delà de la campagne Octobre Rose, afin de favoriser leur détection précoce et d’améliorer les chances de guérison.
Au cours d’un entretien accordé samedi 31 octobre 2026 au correspondant local de l’AIP, Dr Sermé, également point focal de la Société de gynécologie et d’obstétrique de Côte d’Ivoire (SOGOCI) pour les régions du Gontougo, du Bounkani et du Djuablin, a insisté sur la nécessité de consulter sans attendre l’apparition de douleurs ou de symptômes.
« Le dépistage précoce, la connaissance des signes d’alerte et l’accès à une information médicale fiable constituent des éléments essentiels dans la lutte contre ces deux cancers. Pris tôt, ces cancers peuvent être guéris dans une très grande proportion des cas », a-t-il expliqué.
Selon le spécialiste, le cancer du sein occupe le premier rang des cancers diagnostiqués chez les femmes, devant celui du col de l’utérus. Leur dangerosité est notamment liée aux retards de diagnostic, qui réduisent les possibilités de prise en charge.
Concernant le cancer du sein, il a invité les femmes à consulter devant toute anomalie, notamment une grosseur, une rougeur, une rétraction du mamelon, un écoulement anormal ou un aspect de la peau semblable à une « peau d’orange ». Il a toutefois précisé qu’une boule au sein n’est pas systématiquement cancéreuse et peut correspondre à une lésion bénigne, comme un fibrome.
« Une femme ne doit jamais attendre la douleur pour voir un spécialiste. La douleur n’est pas toujours le premier signe du cancer », a-t-il averti, citant parmi les facteurs de risque les antécédents familiaux, l’âge avancé, certaines mutations génétiques, l’obésité et la consommation d’alcool.
S’agissant du cancer du col de l’utérus, Dr Sermé a indiqué qu’il est principalement lié à l’infection par le papillomavirus humain (HPV), transmis essentiellement lors des rapports sexuels. Il a rappelé l’importance de la vaccination contre ce virus, gratuite en Côte d’Ivoire pour les filles âgées de 9 à 14 ans, ainsi que des contrôles médicaux réguliers.
À l’hôpital général de Tanda, le dépistage du cancer du col de l’utérus repose notamment sur l’inspection visuelle après application d’acide acétique (IVA) ou de Lugol (IVL). Les examens complémentaires, tels que le frottis cervico-utérin et la biopsie, nécessitent une orientation vers des structures mieux équipées, notamment à Abidjan.
Dans le cadre d’Octobre Rose, l’établissement a organisé des consultations de masse les 21, 23 et 24 octobre 2026. Des femmes venues de plusieurs villages ont également bénéficié de consultations le 26 octobre. Durant cette période, les examens cliniques ont été proposés gratuitement ou à coût réduit.
Le gynécologue a par ailleurs mis en garde contre le recours préalable à la médecine traditionnelle, qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge.
« Au-delà du coût, il y a la vie. Les femmes doivent venir se faire examiner, même après Octobre Rose », a-t-il insisté, invitant les femmes de Tanda à ne pas limiter leur démarche de prévention à cette campagne annuelle.
Il a remercié le préfet du département de Tanda, les directions du district sanitaire et de l’hôpital général, la présidente de la SOGOCI, Dr Abbé Éliane, ainsi que les partenaires de la campagne et l’AIP pour la couverture de cet entretien.
(AIP)
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