Zuénoula, 21 août 2026 (AIP) – Une consultation publique consacrée à la lutte contre l’orpaillage illégal s’est tenue, vendredi 21 août 2026, à la salle du foyer polyvalent Épiphane Zoro Bi Ballo de Zuénoula, à l’initiative du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, dans le cadre des préparatifs de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre ce fléau en Côte d’Ivoire.
La rencontre, qui a réuni les différents acteurs concernés au niveau local, visait à recueillir les observations, préoccupations et recommandations des communautés, afin de contribuer à l’élaboration de mécanismes plus efficaces de lutte contre l’exploitation clandestine des ressources minières.
Le préfet du département de Zuénoula, Dao Karidja, a souligné l’importance de cette démarche participative, estimant que les contributions recueillies permettront de mieux cerner les réalités du terrain et d’apporter des réponses adaptées à l’orpaillage illégal, qu’elle a qualifié de « gangrène » rongeant progressivement le pays.
Elle a relevé plusieurs conséquences liées à cette activité, notamment les conflits fonciers récurrents, la course effrénée à l’acquisition de parcelles, la dégradation des sols et la destruction de la couverture forestière.
Mme Dao Karidja a également dénoncé l’utilisation inappropriée de produits chimiques sur les sites d’exploitation, faisant état de risques importants pour la santé des populations et l’environnement, ainsi que de la pollution des ressources en eau, notamment des cours d’eau.
Intervenant sur les aspects techniques de l’exploitation minière, le directeur régional des Mines de la Marahoué, Souleymane Sanogo, a expliqué les différences entre l’orpaillage illégal et l’exploitation minière légale, notamment industrielle.
Sur le plan social, il a relevé les conséquences de cette activité sur les communautés, notamment les conflits fonciers, la désorganisation des activités agricoles et les risques pour la sécurité des populations.
Sur le plan économique, l’exploitation clandestine prive également l’État et les collectivités de recettes issues de l’exploitation régulière des ressources minières, tout en favorisant le développement d’une économie informelle difficile à contrôler.
La consultation a permis aux participants d’échanger sur les difficultés rencontrées dans la lutte contre l’orpaillage illégal et de formuler plusieurs propositions susceptibles de renforcer la prévention, le contrôle et la répression de cette activité.
Les recommandations issues de ces échanges devront alimenter les travaux de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, projeté par le Conseil national de sécurité (CNS).
(AIP)
akr/bsp/zaar

