Niakara, 29 avr 2025 (AIP) – Figure emblématique de la Côte d’Ivoire postcoloniale et compagnon de route du Président Félix Houphouët-Boigny, Nanlo Bamba demeure l’un des grands bâtisseurs de la nation ivoirienne. Natif de Niakara et issu du peuple Tagbana, sous-groupe du Sénoufo, il incarne une génération de pionniers dont l’engagement et le parcours exceptionnel ont contribué à poser les fondations de l’État moderne.
Né en 1916, Nanlo Bamba entame son parcours scolaire à Béoumi, puis à Bouaké et Bingerville, avant de rejoindre l’École normale William-Ponty de Dakar, creuset des élites ouest-africaines. Il complète ensuite sa formation en Droit à Paris, marquant ainsi les prémices d’une brillante carrière administrative et politique.
Dès l’âge de 20 ans, il intègre l’administration coloniale : d’abord au Bureau des finances d’Abidjan, puis au ministère de la France d’Outre-Mer à Paris. En 1952, il est nommé directeur local des finances à Abidjan, avant de servir comme procureur adjoint à Cotonou en 1954, puis juge de paix à Bondoukou. Il retourne ensuite à Paris pour se perfectionner à l’École nationale de la France d’outre-mer, d’où il sort diplômé en 1958.
À l’aube de l’indépendance, Nanlo Bamba se voit confier des responsabilités stratégiques : procureur général adjoint à Bouaké, juge d’instruction à Abidjan, chef de cabinet de Félix Houphouët-Boigny alors Premier ministre en 1959, puis directeur de la police nationale (1960-1961). En août 1961, il est nommé directeur adjoint du cabinet présidentiel.
Homme d’État accompli, il devient ensuite ministre, enchaînant des portefeuilles clés : Justice, Intérieur, Eaux et Forêts, avant d’être nommé ministre d’État. Son passage au ministère de l’Intérieur, qu’il dirigea pendant huit années, est salué pour ses avancées concrètes : création de l’École nationale de police en 1967, 18 nouvelles préfectures entre 1969 et 1970, première réforme de la Carte nationale d’identité en 1971 pour renforcer la lutte contre la fraude documentaire.
Décédé en 1980, Nanlo Bamba repose à Niakara, sa terre natale, où sa mémoire continue de rayonner. Un groupe scolaire, une retenue d’eau et le stade municipal de la ville portent son nom. À Korhogo, un établissement privé rend également hommage à son héritage. En 2019, son mausolée a été honoré par le Président Alassane Ouattara lors de la visite d’État dans la région du Hambol.
Compagnon fidèle du père de la Nation, Bamba reste dans les mémoires comme un homme d’intelligence, de loyauté et de vision, qui aura marqué de son empreinte la construction de la Côte d’Ivoire indépendante.
« Nanlo Bamba reste un grand homme, un fils à la fois intelligent, digne et inoubliable pour l’Afrique, la Côte d’Ivoire et pour la région de Niakara », témoigne un nonagénaire de la localité.
(AIP)
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