Abidjan, 12 mars 2026 (AIP)- L’ONG Human Rights Watch accuse le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, d’avoir tué au moins 38 civils dans le Nord et l’Est du Burkina Faso depuis fin janvier 2026, selon un rapport relayé jeudi 12 mars par plusieurs médias internationaux.
Dans ce document, l’organisation de défense des droits humains affirme que des combattants du JNIM ont également enlevé neuf femmes lors d’attaques visant des localités et des positions sécuritaires dans ces régions du pays.
Selon le rapport, l’une des attaques les plus meurtrières s’est produite le 14 février à Titao, dans le Nord du pays. Des assaillants auraient attaqué une base militaire avant d’exécuter au moins 34 civils et de détruire plusieurs infrastructures.
Le 29 janvier, près du village de Sollé, neuf femmes soupçonnées d’être les épouses de membres des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été enlevées. Elles auraient été séquestrées, menacées de viol et de mort, avant d’être finalement relâchées.
Une troisième attaque, survenue le 22 février à Manni, dans l’Est du pays, a coûté la vie à quatre commerçants. Les assaillants ont également incendié leurs boutiques après avoir ciblé un poste de gendarmerie.
Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel à Human Rights Watch a dénoncé « la brutalité implacable » du JNIM contre les civils au Burkina Faso, précisant que les populations assimilées aux VDP semblent être particulièrement visées par ces attaques.
Pour documenter ces faits, l’ONG indique avoir recueilli des témoignages auprès d’une vingtaine de journalistes et d’acteurs de la société civile, qualifiant ces violences « d’atrocités » susceptibles de constituer des crimes de guerre.
Face à la persistance de l’insécurité, le président burkinabè Ibrahim Traoré a présenté le 1er janvier une feuille de route sécuritaire visant notamment à intensifier les opérations militaires jusqu’aux zones frontalières, renforcer les capacités opérationnelles des forces armées et accroître l’implication des VDP.
Selon une étude publiée en décembre 2025 par l’ONG ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), plus de 10 000 personnes ont été tuées en 2025 au Burkina Faso et au Niger, illustrant l’intensification des violences liées aux groupes armés dans le centre du Sahel.
(AIP)
jco/sn/fmo

