Abidjan, 10 sept 2025 (AIP) – La France a connu le mercredi 10 septembre 2025, une journée de mobilisation nationale marquée par près de 300 interpellations dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer la politique du président Emmanuel Macron et la situation socio-économique du pays.
Dès l’aube, des actions de blocage ont été tentées sur des infrastructures de transport, des sites symboliques et plusieurs lycées, mais la plupart ont été rapidement neutralisées par les forces de l’ordre. Selon le ministère de l’Intérieur, 295 personnes ont été interpellées à la mi-journée, dont 183 en région parisienne.
La préfecture de police de Paris a ordonné la fermeture du complexe Châtelet-Les Halles, après des appels au pillage relayés en ligne. Sur place, plusieurs milliers de manifestants, rejoints par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, scandaient des slogans hostiles au chef de l’État.
À Marseille, environ 8 000 manifestants selon la police ont défilé dans une ambiance revendicative, ponctuée de heurts isolés et de jets de gaz lacrymogène. Des rassemblements ont également eu lieu à Rennes, Nantes et Lyon, avec parfois des blocages filtrants sur les routes.

Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a salué la fermeté des 80 000 gendarmes et policiers déployés sur le territoire, rappelant l’interdiction de toute occupation des infrastructures essentielles.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de forte contestation sociale, amplifiée par l’impopularité croissante du président Macron, la crise du pouvoir d’achat et les tensions autour de la nouvelle orientation gouvernementale après la nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre, la veille.
Au-delà de la contestation politique, ce mouvement traduit le malaise social grandissant face à la flambée des prix, à la précarité de l’emploi et aux inégalités, des revendications qui alimentent depuis plusieurs mois la colère d’une partie de la population.
(AIP)
eaa/cmas

