Abidjan, 14 nov 2025 (AIP) – Une pénurie aiguë de carburant provoquée par un blocus djihadiste sur plusieurs axes routiers stratégiques paralyse les opérations humanitaires au Mali, déjà frappé par l’insécurité, la faim et un durcissement politique sans précédent, a alerté mercredi 12 novembre 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Selon l’agence onusienne, les difficultés d’approvisionnement affectent gravement les interventions dans plusieurs régions du centre et du sud, notamment à Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara, points névralgiques reliant Bamako au nord du pays.
Faute de carburant, de nombreuses organisations ont dû réduire leurs missions, limitant les cliniques mobiles à un rayon de 10 kilomètres autour des bases opérationnelles. Les braquages et restrictions de mouvement ont également entraîné plusieurs suspensions temporaires d’activités.
Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, bloque une partie des importations de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Ce blocus, qui touche désormais Bamako, plonge les populations dans une crise énergétique et alimentaire croissante.
Au nord-ouest, la ville de Léré, dans la région de Tombouctou, est totalement isolée depuis le 27 octobre en raison de restrictions imposées par des groupes armés. Des déplacements massifs de populations ont été signalés, tandis qu’en octobre, une cinquantaine d’incidents d’accès humanitaire ont été recensés, en hausse de 13 %.
Les violations des droits humains se multiplient, alors que 6,4 millions de Maliens nécessitent une assistance humanitaire.
L’afflux de près de 50 000 réfugiés burkinabè depuis avril dans le cercle de Koro accentue la pression sur des communautés déjà fragiles, portant à plus de 150 000 le nombre total de réfugiés burkinabés et nigériens accueillis au Mali, note l’agence onusienne.
(AIP)
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