Kouto, 15 nov 2025 (AIP) –Deux cent-vingt-trois jeunes initiés ont franchi, samedi 15 novembre 2025, les portes du zanliègue (bois sacré) à Zaguinasso, marquant l’aboutissement d’un cycle d’initiation au poro, institution séculaire qui façonne l’identité du peuple sénoufo depuis des générations, sous le regard bienveillant des ancêtres et dans la solennité des tambours sacrés.
Le poro, bien plus qu’un simple rite initiatique, constitue l’épine dorsale de la société sénoufo. Organisée en cycles septennaux, cette école de vie traditionnelle transmet aux jeunes générations un corpus de savoirs ancestraux : codes de conduite, valeurs morales, techniques agricoles et connaissance de l’histoire communautaire.
« Nous avons hérité d’une culture dont le contenu est hautement symbolique », a rappelé le ministre Dossongui Koné, parrain de la cérémonie officielle. « Le Sénoufo est un homme intègre, courageux et de parole. Nous avons le devoir de transmettre ce message à toutes les générations. »
Au cœur du bois sacré, loin du tumulte du monde moderne, les initiés ont suivi un enseignement structuré autour de trois piliers fondamentaux. « Dans le bois sacré, il m’a été enseigné le respect, l’abnégation au travail et la culture de la cohésion sociale », s’est exprimé Koné Zié Dotian, au nom des 223 nouveaux initiés.
Cette formation holistique, dispensée par les patriarches et les maîtres initiateurs, vise à former des individus capables de contribuer harmonieusement à la vie collective. Le message demeure universel et intemporel : former des hommes et des femmes responsables, enracinés dans leurs valeurs, tout en étant aptes à relever les défis contemporains.
La forte présence des chefs coutumiers, des patriarches et des initiés venus d’autres localités, notamment une délégation de Sinématiali, illustre le rayonnement du poro au-delà des frontières communales. Cette mobilisation démontre que le patrimoine culturel sénoufo reste vivant et dynamique, capable de fédérer les communautés autour de valeurs partagées.
« Cette première sortie de la génération actuellement en formation témoigne de la vitalité de nos traditions », a souligné le représentant du ministre Bruno Nabagné Koné, insistant sur l’importance accordée par les autorités à « la pérennisation des valeurs culturelles ».
Si le message transmis dans les bois sacrés « demeure le même partout », selon les mots du ministre Dossongui Koné, le poro a su évoluer pour s’adapter aux réalités contemporaines. L’initiation coexiste désormais avec l’éducation formelle, offrant aux jeunes un double ancrage : dans la modernité et dans la tradition.
Cette sortie de 223 nouveaux initiés à Zaguinasso n’est pas seulement un événement local. Elle représente un maillon dans la longue chaîne de transmission intergénérationnelle qui assure la continuité d’un patrimoine culturel immatériel précieux. Dans un monde en mutation rapide, le poro rappelle que l’identité culturelle demeure un socle solide sur lequel bâtir l’avenir.
(AIP)
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