Abidjan, 20 nov 2025(AIP)-Le gouvernement ivoirien avec la collaboration du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a enregistré des avancées significatives ces dernières années dans les domaines de la protection et de la promotion des droits des enfants notamment dans les secteurs de la santé, de la nutrition, de l’éducation, de la protection sociale, malgré des défis importants à surmonter.
A la faveur de la célébration de la journée mondiale de l’enfance (JME), fixée le 20 novembre le représentant résident de l’UNICEF, Jean François Basse a salué les progrès notables de la Côte d’Ivoire. « La Journée du 20 novembre nous invite à l’action. Pour la Côte d’Ivoire, cela se traduit par des actes concrets et des résultats probants », a-t-il déclaré mercredi 19 novembre 2025 lors de la célébration officielle de la JME à Adjamé.
Les chiffres dans les domaines de la santé et de la nutrition « racontent une histoire de vie sauvée et d’espoirs restaurés »
La Côte d’Ivoire a procédé en 2024 au renforcement de ses capacités institutionnelles dans le domaine de la nutrition, avec l’approbation de la Stratégie nationale multisectorielle de nutrition (SNMN) budgétisée pour 2024-2030. Des discussions sur les politiques budgétaires visant à promouvoir une alimentation saine ont été lancées, avec un potentiel d’impact systémique en 2025. L’UNICEF s’est imposé comme un partenaire clé du dialogue national.
En terme d’acquis, grâce au soutien de l’UNICEF, 21 029 enfants âgés de six à 59 mois ont été guéris de la malnutrition aiguë sévère, soit une augmentation de 22 points de pourcentage par rapport à 2023. La supplémentation en vitamine A a été dispensée avec succès dans le cadre des services de santé de routine dans 73 des 113 districts sanitaires.
Sur le plan sanitaire, le maintien d’un taux de couverture vaccinale à 95 % témoigne d’un engagement indéfectible à protéger les enfants contre les maladies. L’on note l’introduction du vaccin contre le paludisme dans 38 districts sanitaires, réduisant ainsi la menace de la troisième cause de mortalité infantile.
« En matière d’éducation, les indicateurs sont une source d’encouragement et témoignent d’une amélioration notable de la qualité »

Selon un rapport de l’UNICEF, la Côte d’Ivoire a été reconnue comme un pionnier de la réforme de l’éducation, ayant adopté une stratégie d’éducation inclusive pour faciliter l’accès et/ou le retour à l’école des enfants obligés d’abandonner leur scolarité pour diverses raisons (santé, grossesse précoce, déplacement,. ).
« Ces avancées significatives sont le résultat d’une stratégie nationale claire et d’un leadership fort », a souligné Jean François Basse félicitant la ministre en charge de l’Education, Pr Mariatou Koné qui selon lui a contribué à la transformation de l’éducation en une opportunité tangible pour chaque enfant.
La Côte d’Ivoire enregistre des statistiques encourageantes. Ainsi, le taux brut de scolarisation au primaire est passée de 99,9% en 2016-2017 à 110,7% en 2023-2024. Le taux d’achèvement du cycle secondaire inférieur a atteint 72 %.
En 2024, 14 181 enfants ont repris le chemin de l’école grâce aux investissements du gouvernement soutenus par l’UNICEF dans de nouvelles installations et des parcours éducatifs alternatifs, notamment des espaces d’apprentissage temporaires pour 2. 379 enfants demandeurs d’asile. Au total, plus de 88 000 enfants ont été réintégrés, pour un objectif de 74 424 enfants.
Le gouvernement aidé de ces partenaires dont l’UNICEF est engagé pour l’amélioration de l’accès à l’éducation, à travers la gratuité de l’école primaire progressivement renforcée, l’augmentation des infrastructures scolaires et l’intensification des campagnes pour les inscriptions massives ,surtout des filles.
En ce qui concerne la digitalisation de l’éducation, le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation toujours soutenu par l’UNICEF a introduit le programme « Mon école à la maison” ainsi que la solution « Ma classe digitale mobile » pour permettre aux élèves de suivre les cours sur internet et aussi bénéficier de la connexion internet dans toutes les zones de Côte d’Ivoire.
Une protection de l’enfant axée sur l’enregistrement des naissances et la lutte contre les violences et le travail des enfants

Entre 2023 et 2025, une augmentation de deux points de pourcentage du taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins d’un an, a été enregistrée, et atteint 57.9 %.
Au total, 621 476 enfants de moins d’un an ont été enregistrés en 2024, portant le total à 2 410 000 enfants de moins d’un an enregistrés avec le soutien de l’UNICEF depuis 2021, soit 94 % de l’objectif cumulé de 2 573 292 enfants. Le gouvernement a confirmé la création de centres d’état civil dans tous les centres hospitaliers universitaires et régionaux en 2025, un résultat majeur du plaidoyer de l’UNICEF.
En 2024, quelque 5 810 enfants ont bénéficié de soins et d’une assistance grâce aux services soutenus par l’UNICEF, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2023. Depuis 2021, 21 198 victimes de violence ont été atteintes, dépassant l’objectif de six points de pourcentage.
Les efforts du gouvernement pour éliminer le travail des enfants se sont poursuivis, la Côte d’Ivoire étant le seul pays à avoir enregistré une baisse de 10 points de pourcentage du travail des enfants au cours de la dernière décennie.
Des défis résiduels à relever
La lutte contre le travail des enfants se heurte encore aux causes de pauvreté, de manques d’infrastructures scolaires et parfois au poids de la tradition. En outre, des violences contre les enfants sont signalées notamment des mariages précoces de jeunes filles ou leur exploitation.
Par ailleurs, le taux d’abandon scolaire reste élevé dans certaines régions de Côte d’Ivoire (nord, nord-est). La non déclaration de certains enfants qui peut compliquer l’accès à l’école, à la santé ou aux droits civique, se présente avec acuité dans certaines région du pays.
La Côte d’Ivoire a fait des progrès significatifs dans la protection des droits des enfants, notamment grâce à un cadre juridique renforcé et des programmes sociaux ciblés. Cependant, les défis restent considérables, en particulier le travail des enfants, les violences, les inégalités éducatives et sanitaires.
(AIP)
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