Abidjan, 27 nov 2025 (AIP)- Les parties prenantes de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en Côte d’Ivoire ont plaidé, jeudi 27 novembre 2025, pour l’accroissement des financements dédiés à leurs actions, afin d’assurer la pérennité des services et pallier les disparités d’accès aux différents soins médicaux, psychosociaux et juridique.
Ces recommandations ont été faites lors d’un café-débat conjointement organisé à Abidjan Cocody par les acteurs du projet Alliance Transformative et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), dans le cadre des « Rendez-vous du REMAPSEN ».
Cette activité est le point de part intégré des « 16 jours d’activisme contre les VBG », la campagne internationale annuelle de sensibilisation qui a lieu du 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’Homme).
La Côte d’Ivoire enregistre 9.607 cas de VBG en 2024, répartis entre 920 viols, 287 agressions sexuelles, 2.030 agressions physiques, 153 mariages forcés, 4.394 cas de déni de ressources, d’opportunités ou de services, et 1.798 violences psychologiques ou émotionnelles, selon le Programme national de lutte contre les VBG (PNL-VBG), un département du ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant.
« En 2021, nous avons dénombré 6.040 cas de VBG. En 2022, 7.919 cas. En 2023, a enregistré 8.782 cas. Et en 2024, nous avons eu 9.607 cas. Le nombre de cas va crescendo à cause de la synergie d’actions du gouvernement, des projets, des partenaires au développement, des organisations de la société civile, du secteur privé et des médias, qui a permis la dénonciation des cas de VBG », a souligné le sociologue Ghislain Coulibaly, également Champion national de la masculinité positive.
Experte formatrice VBG à l’Association des femmes juristes de côte d’Ivoire (AFJCI), Honorine Adou recommande le renforcement du cadre juridique et la protection des survivantes. Elle estime que l’Etat doit renforcer les lois criminalisant toutes les formes de VBG, à savoir, le viol, le harcèlement, les mutilations génitales féminines, les sévices corporels, les mariages forcés et/ou de la petite fille.
Médecin au Programme national de santé maternelle et enfant (PNSME), Dr Toh Zérégbé, a évoqué les nombreuses conséquences des VBG. Sur le plan médical, elles peuvent provoquer des infections sexuellement transmissibles (IST), le VIH/sida, la frigidité (ou encore la fistule), une grossesse non désirée. Au plan psychologique, les victimes peuvent avoir des troubles de la personnalité, une perte de l’estime de soi, voire des risques de suicide ou d’homicide. S’y ajoutent la stigmatisation sociale, l’abandon d’activités générant pauvreté et chômage…
Pour conclure, les experts recommandent une approche holistique pour prendre en compte toutes les dimensions du problème. Pour cela, ils souhaitent la mise en place de fonds dédiés et gérés de manière transparente avec un suivi rigoureux, qui garantirait une répartition équitable des ressources, surtout en zone rurales.
Alliance Transformative, un mouvement collectif pour accélérer la progression des Droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR) des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest, plaide auprès du gouvernement pour l’aide à la mobilisation des ressources financières et matérielles, afin de continuer leurs activités et maintenir leurs acquis, en cas du retrait des partenaires aux développement.
(AIP)
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