Abidjan, 5 mars 2026 (AIP) – L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, mercredi 4 mars 2026 à Dakar, un projet de loi instituant un nouveau Conseil national de régulation des médias (CNRM), d’adapter le dispositif de régulation à l’évolution des médias en ligne et aux plateformes numériques, rapportent plusieurs médias.
Le CNRM pourra également infliger des amendes en cas de dérives ou de propos diffamatoires et demander le retrait de contenus jugés contraires aux dispositions légales et réglementaires.
Le directeur de la la Communication du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, a tenu à rassurer quant au rôle de cette nouvelle autorité. « Il n’y a aucune raison que le régulateur devienne un monstre médiatique qui réprime. Ce n’est pas sa vocation », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette réforme vise également à aligner le système sénégalais sur certains modèles de régulation dans la sous-région, notamment celui de la Haute autorité de la communication audiovisuelle en Côte d’Ivoire, qui dispose déjà de compétences dans le domaine du numérique. « Si le Sénégal veut avancer et avoir les mêmes compétences que la Haute autorité de régulation des médias en Côte d’Ivoire qui s’occupe du numérique, il faut lui donner l’habilitation de demander le retrait de contenus qui violent les dispositions légales et réglementaires », a-t-il expliqué.
Selon le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamoudou Ibra Kane a par ailleurs déclaré que « cette autorité administrative-là peut aujourd’hui supprimer un média et l’interdire de diffuser. Ce pouvoir, du point de vue de la Constitution, n’est pas compatible avec la liberté de la presse », a-t-il jugé.
Face à ces préoccupations, le CDEPS prévoit de déposer un recours en inconstitutionnalité devant le Conseil constitutionnel du Sénégal afin de contester certaines dispositions du texte.
(AIP)
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